[scald=19591:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Un retour de Dominique Strauss-Kahn dans la course à la présidence française semble exclu au Parti socialiste, même si le nom de l'ancien directeur général du FMI domine à nouveau les débats internes.

De rares fidèles de l'ancien ministre de l'Economie, comme Michèle Sabban, vice-présidente du conseil régional d'Ile-de-France, veulent encore croire à son implication dans la primaire socialiste après que la crédibilité de son accusatrice a été remise en cause par le procureur de New York.

Mais ses lieutenants ont fait le deuil d'une éventuelle candidature, même dans le cas de l'abandon des poursuites pour une présumée tentative de viol contre une femme de chambre de l'hôtel Sofitel de New York le 14 mai dernier.

Le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis, qui soutient désormais Martine Aubry, a déclaré lundi sur France Culture ne pas avoir reçu de "message" de son ami "lui demandant de parler pour rouvrir les dates de candidatures aux primaires".

Le député du Doubs Pierre Moscovici, qui a lui choisi François Hollande, a exprimé ses doutes sur un éventuel retour en lice de l'ancien favori des sondages.

"Sa vie et sa carrière se sont brisées d'un coup. Il est sans aucun doute touché, jusqu'à quel point? Quel sera son désir de politique? Laissons le temps judiciaire s'écouler, puis le temps de récupérer de cette épreuve", a-t-il sur France Info.

La perspective d'une candidature a été quasiment écartée lundi par le porte-parole du PS, Benoît Hamon, qui juge que "cette hypothèse est la plus faible".

L'opinion française a semble-t-il déjà tranché : pour elle, l'horizon politique de "DSK" est définitivement terni.

Selon un sondage Ipsos pour Le Point, réalisé les 1er et 2 juillet auprès de 956 personnes, 51% des Français estiment que Dominique Strauss-Kahn n'a pas d'avenir politique et 42% pensent le contraire (notamment 57% des sympathisants socialistes).

IMAGE ÉCORNÉE

Le dépôt des candidatures pour la primaire d'investiture du PS, prévue les 9 et 16 octobre, s'achève le 13 juillet, tandis que la prochaine audience de Dominique Strauss-Kahn devant la justice new-yorkaise est fixée au 18 juillet.

Les avocats de l'ancien dirigeant du FMI ont bon espoir d'obtenir l'abandon des poursuites à cette date au plus tard. Mais même s'il bénéficiait d'un non-lieu, son image est durablement écornée, jugent les politologues.

Une éventuelle modification du calendrier de la primaire, en fonction du calendrier judiciaire, n'est pas à l'ordre du jour mais les principaux prétendants à l'investiture, Martine Aubry, François Hollande et Ségolène Royal, laissent la porte ouverte à Dominique Strauss-Kahn mais ne cachent pas leur perplexité.

Benoît Hamon a précisé lors de son point de presse qu'il y avait sur ce point "un consensus des candidats à la primaire et un consensus des dirigeants du Parti socialiste".

"Puisqu'on aime parler de débats irréels dans notre pays, admettons même que Dominique Strauss-Kahn décide de revenir comme candidat auprès de nous, personne n'osera lui opposer un quelconque calendrier", a dit Martine Aubry dimanche sur France 2, soulignant en creux l'improbabilité d'un tel scénario.

"CE N'EST PAS DE LA FICTION"

François Hollande a souhaité lundi que "la justice passe" avant toute autre considération.

"Nous sommes encore dans le temps judiciaire. Il n'y a pas eu de la part d'un tribunal la reconnaissance de l'innocence que je souhaite de Dominique Strauss-Kahn. N'allons pas encore plus vite que ce que des informations encore partielles nous révèlent", a déclaré le député de Corrèze sur RTL.

Quant à Ségolène Royal, elle a souhaité sur Europe 1 qu'on laisse "tranquille" Dominique Strauss-Kahn. "Personne ne s'opposera" à sa candidature mais "il doit prendre le temps", a estimé la présidente de Poitou-Charentes.

"L'affaire Dominique Strauss-Kahn, ce n'est pas de la fiction (...), rien de tout ça n'est un film, c'est la réalité, et nous ne pouvons pas nous comporter comme si c'était une fiction", a souligné Benoît Hamon.

La crédibilité de la plaignante mise en doute, l'accusation s'est fragilisée à l'encontre du "champion" putatif des socialistes, désormais libre de ses mouvements aux Etats-Unis.

Ce revirement a fait resurgir la thèse de manipulation, Michèle Sabban allant jusqu'à parler d'un "attentat politique" dont elle accuse implicitement l'exécutif français.

Des accusations "odieuses" que le ministre de l'Intérieur Claude Guéant a formellement rejetées lundi.

Sophie Louet et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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