[scald=81213:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste français condamne le projet de Nicolas Sarkozy de faire voter unilatéralement, en cas de désaccord des autres pays européens, une taxe sur les transactions financières, a dit lundi Harlem Désir, n°2 du parti.

Cette idée, annoncée dans le contexte du lancement de la campagne électorale, est accueillie avec scepticisme à Berlin, où Nicolas Sarkozy se rend ce lundi pour rencontrer Angela Merkel.

La place financière de Paris et le Medef y sont opposés aussi, au motif qu'une taxe unilatérale handicaperait les banques françaises.

"Il y a un tel déficit de crédibilité de Nicolas Sarkozy, il est tellement dévalué auprès de ses partenaires européens, comme auprès des marchés, comme auprès des Français, que toute idée qu'il utilise, il est en train de la gâcher", a dit Harlem Désir sur Europe 1.

"Si on veut une vraie taxe Tobin, il faut évidemment qu'il y ait un minimum de pays européens, notamment la France et l'Allemagne qui la mettent en oeuvre ensemble", a-t-il ajouté.

Le problème posé au PS est l'éventuel vote d'un texte s'il est présenté au Parlement avant la fin de la session en février, comme cela est envisagé. Le député Arnaud Montebourg a déclaré dimanche qu'il le voterait le cas échéant, bien qu'il considère cette initiative comme une manoeuvre.

Idée-phare de la gauche radicale reprise par les grands partis, la taxe dite "Tobin", du nom de l'économiste qui l'a imaginée dans les années 1970, consiste à appliquer aux transactions financières une imposition à un taux très faible, de l'ordre de 0,1% ou moins, dont le produit potentiel est très élevé compte tenu des masses financières échangées sur les places.

Sa mise en oeuvre est cependant complexe compte tenu de la mondialisation et de l'automatisation des marchés, et de nombreux spécialistes considèrent qu'il est improductif de la mettre en place dans un seul pays.

Plusieurs ministres ont soutenu l'idée du chef de l'Etat lundi matin. "L'Europe a la fâcheuse tendance d'aller un peu plus lentement que la musique. Je souhaite évidemment que les Allemands nous rejoignent et nous suivent, mais il faut aller vite. Il est temps que l'Union Européenne rattrape son retard", a dit le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, sur Radio Classique et Public Sénat.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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