Hollande lâche l'affaire et passe le témoin présidentiel à son ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve. L'ancien président de la République l'a dit hier lors d'une réunion à huis clos entre socialistes à la questure du Sénat. Patrick Kanner, le patron des sénateurs socialistes a organisé le passage de témoin.

François Hollande a retrouvé les grandes figures du PS pendant un rassemblement
François Hollande a retrouvé les grandes figures du PS pendant un rassemblement © AFP / THOMAS SAMSON

Le Parti socialiste a officiellement tourné la page François Hollande hier soir et mis sur orbite présidentielle son ancien premier ministre et ami Bernard Cazeneuve. Le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure, ne s'embarrasse d'aucune pudeur de gazelle. Il confie que François Hollande a enfin décidé de passer la main. "Il laisse à d'autres le relais pour poursuivre le combat de sa vie".

Hollande, Jospin, Aubry, Ayrault

Cela s’est passé à la questure du Sénat lors d’un pot de fin de session parlementaire où Patrick Kanner, le patron des sénateurs socialistes, avait convié tout le gratin socialiste : du Premier secrétaire du PS Olivier Faure, aux anciens Premiers ministres Jean-Marc Ayrault, Bernard Cazeneuve et Lionel Jospin en passant par Martine Aubry. Anne Hidalgo était représentée par son Premier adjoint Emmanuel Grégoire et François Hollande était là en personne. L'ancien président, requinqué par un tour de France de dédicaces de son livre, ne paraissait pas du tout enclin à prendre sa retraite politique. Nombre de ses proches s'interrogent même sur ses velléités d'une nouvelle candidature en 2022.

Mercredi soir, lors de ce qui était présenté comme un pot de fin de session parlementaire tout ce qu'il y a de plus traditionnel, François Hollande a clairement passé le témoin. Fait rare, il a refusé de s'exprimer face aux journalistes. On l'a vu arriver à pied, tout sourire, pas un mot pour les micros. Il a même poussé le raffinement --et ça lui ressemble peu-- à faire entrer sa voiture et son escorte de protection dans la cour de la questure du Sénat, pour s'épargner le harcèlement prévisible des journalistes à sa sortie.

L'arène médiatique s'est trouvée dès lors grande ouverte pour ses anciens ministres, manifestement tout acquis à la candidature d'un Bernard Cazeneuve qui n'a pourtant officiellement pas fait connaître ses intentions.

Martine Aubry en grande verve

Parmi les invités, Martine Aubry, dont les expressions et les déplacements parisiens sont très discrets, était hier soir en grande verve. Faisant assaut d'un humour qu'elle consent de manière générale peu aux journalistes, la maire de Lille a salué l'initiative du patron des sénateurs socialistes Patrick Kanner dont elle n'est pas exactement une proche. Elle a aussi stigmatisé la politique injuste et "très ancien monde d'Emmanuel Macron", assurant qu'elle entendait participer activement à la relève du Parti socialiste. 

On rate du coup l’arrivée à pied, sans garde du corps et sans bruit de Lionel Jospin. Sa première sortie politique publique depuis qu'il a quitté le Conseil constitutionnel. L'ancien Premier ministre laisse entendre qu'il va reprendre une parole publique dans les mois à venir.

À l’intérieur, François Hollande prononce un discours où il affirme que la sociale démocratie n’est pas morte et que "l’écologisme" comme il l’appelle n’est pas une martingale politique. Pour le sénateur Jean-Pierre Sueur la rencontre est seulement "un pot de fin de session entre camarades".  

Et qui pour récupérer le témoin ? Bernard Cazeneuve, dernier Premier ministre de François Hollande, qui se défend toutefois d’avoir été officiellement mis en orbite. 

La mise à feu de la fusée Cazeneuve est pourtant bien planifiée: elle devrait avoir lieu début septembre lors des journées des parlementaires socialistes  

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