[scald=63879:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste ne cédera pas aux écologistes concernant la demande d'abandon de la construction du réacteur nucléaire de nouvelle génération de type EPR à Flamanville (Manche), a dit lundi Pierre Moscovici, un des principaux lieutenants de François Hollande.

Les écologistes et le PS, dont le candidat est donné favori pour la présidentielle en 2012, sont engagés dans de rudes négociations sur un éventuel contrat de gouvernement et un accord électoral pour les législatives.

Les écologistes ont présenté l'abandon de l'EPR, dont la construction en cours est émaillée de problèmes et de retards, comme un point non négociable.

Pierre Moscovici a rappelé que plusieurs milliards avaient déjà été dépensés dans ce projet et répondu sur France 2 que l'EPR présentait un enjeu financier, industriel et de recherche et qu'il était donc hors de question de l'abandonner, sauf problème de sécurité.

"Nous ferons Flamanville, c'est une décision de François Hollande, c'est un acte de fermeté, c'est une position de principe, à condition bien sûr qu'il n'y ait pas de problème de sécurité", a-t-il dit.

Conditionner la poursuite de la construction du réacteur à sa sécurité, ainsi que l'a fait le candidat socialiste, peut ouvrir la porte à un éventuel compromis que des sources au sein du parti Europe écologie-Les Verts (EELV) présentaient comme possible la semaine dernière, à savoir soumettre la poursuite du projet EPR à un audit.

François Hollande propose de réduire la part du nucléaire dans l'énergie électrique en France de 75% à 50% en 2025, consent à fermer les centrales les plus vétustes, mais refuse de s'engager sur la sortie totale du nucléaire voulue par les écologistes.

Europe écologie-Les Verts, dont la candidate Eva Joly est située à environ 5% dans les sondages contre plus de 30% pour François Hollande, a en théorie besoin arithmétiquement d'un accord.

Compte tenu de son étiage électoral, il ne peut en effet espérer obtenir le nombre de sièges nécessaires à la constitution d'un groupe à l'Assemblée sans que le PS consente à ne pas présenter de candidats face à lui dans un certain nombre de circonscriptions.

Eva Joly a cependant déclaré durant le week-end que son parti n'échangerait pas ses principes contre quelques circonscriptions et la secrétaire nationale du parti, Cécile Duflot, estime dans un entretien publié lundi par Les Echos qu'il n'y a plus que 30% de chances de parvenir à un accord.

Thierry Lévêque

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