Décimé, divisé, appauvri, le PS va devoir entamer le chantier de sa reconstruction, mais aussi résoudre le problème posé par un financement divisé par quatre.

le PS va-t-il devoir vendre son siège ?
le PS va-t-il devoir vendre son siège ? © Parti socialiste

Il y a quinze jours, la direction collégiale provisoire du Parti socialiste a tenu sa première réunion. On a évidemment parlé refondation, mais également finances, car perdre aux élections (30 députés à l'Assemblée, contre 278 en 2012) signifie également une chute brutale des subventions annuelles de l'État passées de 25 à 7 millions d'euros par an.

Certains avaient envisagé la possibilité d’hypothéquer les locaux. Le principal étant d’éviter un plan social des salariés. Autre solution : vendre les 3 000 mètres carrés du siège, estimés entre 23 et 53 millions d’euros. D’autres partis ont du s'y résoudre quand les électeurs leur ont tourné le dos.

Si pour le Canard Enchaîné à paraître mercredi la vente est décidée et sera annoncée officiellement lors du séminaire de rentrée de la direction du PS, du 23 au 26 août, avec une direction collégiale intérimaire de 16 personnes, difficile de savoir clairement ce qui se passe au PS. Un dirigeant certifie que la vente aura bien lieu, un autre que rien n'est fait, un troisième que c'est possible mais pas tout de suite.

Une certitude : la vente de ce bel hôtel particulier a bien été évoquée en réunion, mais ce serait une rupture "affective" explique un ténor du parti. Depuis 1980 François Mitterrand, François Hollande, Pierre Mauroy, Lionel Jospin ou Michel Rocard y ont eu leur bureau.

Un autre pense au contraire qu'il faudrait envoyer un signal de modernité en passant le périphérique. La vente du siège renflouerait le parti et limiterait les licenciements économiques, elle permettrait d'installer le parti dans un quartier moins guindé. Pour François Kalfon, l’un des membres de la direction "on ne dirige pas un parti de gauche depuis le VIIe arrondissement".

Et puis, si Solférino "Solfé" est devenu synonyme du Parti Socialiste comme la place du Colonel Fabien est devenu synonyme du Parti Communiste, c'est aussi devenu un quolibet : les "Solfériniens" comme disent Jean-Luc Mélenchon et les Insoumis.

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