[scald=67427:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le Parti socialiste français tente de fermer la parenthèse de l'épisode qui a vu ses alliés écologistes, Eva Joly en tête, mettre des bâtons dans les roues de son candidat sur le chemin de l'élection présidentielle de 2012.

Cet épisode d'une dizaine de jours, entamé avec l'imbroglio qui a entouré l'accord électoral passé entre le PS et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) et qui s'est poursuivi par les attaques d'Eva Joly contre François Hollande, a semblé gripper la campagne de ce dernier.

Bien que toujours favori face à Nicolas Sarkozy, le candidat investi du Parti socialiste pour l'élection présidentielle est en recul dans les sondages par rapport aux niveaux enregistrés au lendemain de sa victoire à la primaire.

Simple "ajustement", assurent ses partisans.

Conséquence d'un "gigantesque foutoir", tacle l'UMP.

François Hollande "n'est pas dans la sincérité mais dans l'indécision et il récolte ce qu'il a semé", a estimé jeudi sur France Info le ministre de la Recherche, Laurent Wauquiez.

Pour certains observateurs, l'affaire est à double tranchant.

"Ce qui peut sembler une bonne opération pour les socialistes qui ont obtenu un accord avec des écologistes ayant nuancé fortement leur position sur le nucléaire" dégage au final "une image globale extrêmement embarrassante", estime Jérôme Sainte-Marie, du département Opinion de l'institut CSA.

"Les Français retiennent que ça a duré longtemps, que ça a été confus et que quand Nicolas Sarkozy parlait avec les grands de ce monde, l'équipe Hollande négociait des choses obscures avec des gens ne pesant pas très lourd", a-t-il dit à Reuters.

"Remporter un match avec un partenaire aussi faible affaiblit le vainqueur. Les socialistes sont descendus à un niveau qui n'est pas celui de l'élection présidentielle".

François Hollande est crédité d'environ 30% des voix au premier tour de l'élection présidentielle par les sondages, et Eva Joly d'environ 5%. Le député de Corrèze est donné victorieux contre Nicolas Sarkozy au second tour.

CALMER LE JEU

En visite en Saône-et-Loire jeudi, Eva Joly a confirmé sa candidature à l'Elysée, admettant avoir été "rugueuse" avec François Hollande, qu'elle avait semblé hésiter à soutenir la veille, provoquant l'ire du PS et de son propre camp, où son porte-parole a démissionné.

Peu loquace en ce début de campagne, François Hollande a cherché à désamorcer la situation mercredi par quelques phrases pesées prononcées en marge du Salon des maires, à Paris.

"Eva Joly a dit ce qu'elle avait à dire et notamment sa dernière phrase, que je retiens comme sa conclusion", a-t-il déclaré. "Moi je veux rassembler".

Comme lui soucieux de calmer le jeu, son directeur de campagne, Pierre Moscovici, a parlé "d'incident de campagne comme il en arrive tant".

"Maintenant, il faut que la parenthèse soit fermée", a-t-il dit sur RTL. "L'important, c'est de préparer l'alternative à Nicolas Sarkozy dans ce pays, tout le monde doit le comprendre".

Même ton chez Benoît Hamon, porte-parole du PS.

"C'est derrière nous maintenant, elle a corrigé le tir", a-t-il dit, jugeant par ailleurs la baisse de François Hollande dans les sondages "assez mécanique et assez logique".

"Il y avait un effet primaire évident, maintenant on voit les autres candidats", a-t-il estimé sur RMC et BFM-TV.

La "vraie bataille" n'est pas encore engagée, a souligné l'ancien ministre socialiste Jack Lang.

"François Hollande est un excellent pilote", a-t-il estimé dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "Calme, tranquille, serein, il ne cède pas aux agitations du moment, il n'est pas fébrile, il est tourné vers l'élection du mois de mai".

En attendant, les sujets ne manquent pas pour un candidat attendu sur des thèmes de gauche, rappelle Jérôme Sainte-Marie.

"Les plans sociaux se multiplient, il y a une attente d'un discours de l'opposition qui ne vient pas", remarque-t-il. "Cela vient valider les attaques de la droite ou du candidat du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon sur ce qu'ils considèrent comme un problème d'envergure et de caractère de François Hollande".

Avec Thierry Lévêque et Emile Picy, édité par Patrick Vignal

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