C'est une piste parmi d'autres, mais c'est l'hypothèse à priori la plus sérieuse, celle qui revient le plus souvent dans les rangs de la majorité. L'exécutif aurait mis à l'étude la possibilité de convoquer un référendum portant sur les institutions, à l'issue du grand débat national lancé par Emmanuel Macron.

Le référendum à questions multiples est-il une solution pour Emmanuel Macron ?
Le référendum à questions multiples est-il une solution pour Emmanuel Macron ? © Radio France / Ludovic MARIN

, C'est une option qui monte depuis la mi-décembre. Un député de la majoritéqui fut proche d'Emmanuel Macron, se plaignait récemment décrivant un président isolé par un cercle de technocrates frileux. "Il nous faut retrouver le goût du risque" disait-il. Le référendum, puisque les 'gilets jaunes' le souhaitent, allons-y". Mais pas n'importe comment, hors de question de la jouer façon de Gaulle en 1969 qui échoue sur la régionalisation. Non, plus malin : un référendum à questions multiples qui porteraient précisément sur des réformes qu'Emmanuel Macron a du mal à faire passer.

Il pourrait être question du vote blanc, de la proportionnelle, de la diminution du nombre de parlementaires et du cumul des mandants dans le temps.

L’opposition de droite comme de gauche crie à la forfanterie

"Manœuvre", "entourloupe", "tour de passe-passe" : les parlementaires de l'opposition, dans un consensus assez rare, n'ont pas de mots assez forts pour dénoncer, selon eux, l'escroquerie du référendum à questions multiples. 

Pour le Rassemblement National, ce scrutin, qui pourrait avoir lieu le même jour que des européennes à haut risque, est un moyen de sauver la face. Le député Sébastien Chenu y voit aussi une consultation biaisée : "Qu'il pose la question de l'immigration, du référendum d’initiative citoyenne et là on dira 'chiche' !".

Le Parti socialiste ne se fait aucune illusion, les questions ne porteront pas sur le social parie le sénateur Rachid Témal : "Il n'y a aucune question sur le pouvoir d'achat, sur les revenus, sur l'ISF. C'est un problème"

À droite, la député LR Laurence Salliet est sur la même ligne : "Il a dit lors de ses vœux qu'il ne changerait pas de cap et en plus il donne déjà les questions qu'il va mettre dans le référendum. Je pense que les Français vont se demander pourquoi ils vont participer à un débat si le Président de la République en expose déjà les conclusions"

Les Insoumis qui militent pour référendum d'initiative citoyenne très large n'y retrouvent à l'évidence pas leurs propositions. Manuel Bompard, directeur des campagnes de La France insoumise : "Je pense que la solution, c'est la dissolution de l'Assemblée nationale pour permettre aux Français de se prononcer à nouveau"

Un ministre qui a poussé l'idée auprès de l'Élysée lâche, "il faut le tenter. C'est le dernier atout avant la dissolution".

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