INFO France Inter – Le parti de Marine Le Pen compte "surveiller" tous les votes des eurodéputés français, pour y trouver des arguments de campagne. Le RN espère voir ainsi se constituer "une bande des quatre" entre écologistes, socialistes, marcheurs et élus de droite, un nouvel "UMPS".

Marine Le Pen a demandé aux nouveaux eurodéputés RN de surveiller de près les votes de leurs adversaires au Parlement européen
Marine Le Pen a demandé aux nouveaux eurodéputés RN de surveiller de près les votes de leurs adversaires au Parlement européen © AFP / Aris Oikonomou / AFP

Pendant la campagne des européennes, en coulisses, le RN était frustré. Frustré de ne pas pouvoir disséquer le bilan de leur principal adversaire, LREM. Et pour cause, les marcheurs n’avaient pas encore d’élus au Parlement européen. Désormais, ils en ont 21, et après le Brexit, 23.  "On va les surveiller de près", prévient Nicolas Bay, le vice-président du groupe Identité et démocratie.

Le RN va donc mettre en place, pour cette nouvelle législature, un observatoire des votes. Mission confiée aux assistants parlementaires accrédités à Bruxelles et Strasbourg, et piloté par Philippe Olivier, conseiller (et beau-frère) de Marine Le Pen. Ils devront éplucher les procès-verbaux du Parlement européen pour souligner les éventuelles contradictions entre les promesses de campagne et les votes dans l’hémicycle. 

"Il faut aussi que notre présence en commission soit plus utile", ajoute un député européen RN. "Tant pis si nos projets ne passent pas, il faut qu’on en profite pour soulever toutes les compromissions des élus français" au sein des 22 commissions permanentes (le RN a 22 élus).

"Tous pourris !"

"Pendant la campagne, je n’arrêtais pas de répéter que voter Bellamy, c’était comme voter Loiseau ou Jadot", se souvient l’ex-ministre Thierry Mariani. 

"Il va maintenant falloir qu’on le prouve, mais ce devrait pas être trop compliqué". 

L’objectif du RN sera donc de repérer tous les textes sur lesquels les socialistes, écologistes, marcheurs et élus de droite s’entendent. "On va réussir à prouver que cette bande de 4 avait, en fait, un programme commun" espère Philippe Olivier. 

"Une bande de quatre" devenue quasiment indispensable au fonctionnement de l’Union européenne. Auparavant, la majorité reposait dans les mains des socialistes et du PPE. Tous deux auront désormais besoin des voix des libéraux et/ou des Verts pour adopter des projets. Cette logique d’alliance est inhérente au Parlement européen, mais totalement étrangère aux électeurs français. "Dans notre Ve République, on est pour ou contre le Président, et celui qui négocie, c’est celui qui magouille", analyse un cadre du parti. Ces alliances, au cas par cas, offriront donc du pain béni au RN.

Cet observatoire des votes restera informel, mais se traduira vite par la diffusion de visuels sur internet et de notes aux cadres du parti. « Il faut que ce travail de repérage puisse porter ses fruits sur les plateaux télés » assure le coordinateur Philippe Olivier. 

L’équipe communication du parti, dirigée par Jordan Bardella, transformera ses informations parfois techniques en argument de campagne sur les réseaux sociaux, comme ce fut le cas pendant les Européennes. 

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