C'est une élection qui fait peu parler, pour différentes raisons (scrutin indirect, ne concernant qu'une partie des territoires...) mais qui annonce peut-être quelques changements.

Le palais du Luxembourg accueillera bientôt 171 nouveaux sénateurs
Le palais du Luxembourg accueillera bientôt 171 nouveaux sénateurs © Maxppp / Johan Ben Azzouz

Rassurez-vous, ce dimanche vous ne verrez nulle part d'injonction à accomplir votre devoir de citoyen contre vents et marées : si vous ne faites pas partie des 76.359 "grands électeurs" concernés, vous n'avez rien d'autre à fait qu'attendre les résultats. Comme tous les trois ans, le Sénat se renouvelle de moitié (171 sièges sur les 348 que compte l'autre chambre du Parlement français), dans un scrutin majoritaire à deux tours.

► À ÉCOUTER | À quoi sert le Sénat ? L'explication de Didier Maus, constitutionnaliste...

Ce mode de scrutin original est l'une des raisons d'un certain désintérêt pour cette élection, dont on a nettement moins parlé que les législatives. Il faut dire aussi qu'en période de baisse de popularité, la majorité LREM n'a pas intérêt à trop faire de bruit autour d'une élection qui sera sans doute très éloignée du triomphe des deux précédentes. Les ambitions ont d'ailleurs été revues à la baisse, d'autant que sur les 29 élus qui ont créé un groupe LREM, 20 sont concernés par ce scrutin, dont 10 qui ne se représentent pas.

Le Sénat, potentielle épine dans le pied du macronisme

En fait, les soutiens d'Emmanuel Macron misent moins sur l'élection que sur ce qui se passera après : avec le rapprochement ou non de sénateurs élus sur d'autres listes (centristes, socialistes, républicains...) À droite, ce sera sans doute plus difficile à obtenir que lors des législatives, puisque le groupe LR est le plus important du Sénat actuel.

De part son histoire, la durée de ses mandats (6 ans) et son mode de scrutin, le Sénat n'est pas un grand amateur de bouleversements, et adopte souvent un certain décalage avec l'actualité de la vie politique. La "vague" En Marche des derniers mois aura donc fort à faire pour l'entraîner avec elle.

Pourquoi s'en préoccuper autant ? Parce que le Sénat va avoir un rôle déterminant sur un projet bien particulier d'Emmanuel Macron : la réforme constitutionnelle, qui prévoit notamment une baisse du nombre de parlementaires (donc des députés et des sénateurs). Pour la faire adopter, il a besoin des 3/5e du Congrès (les deux assemblées réunies), donc de 555 députés et/ou sénateurs. En comptant ses soutiens actuels à l'Assemblée nationale, il lui manque environ 160 sénateurs. Soit plus que le groupe LR actuellement.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.