Les Grands électeurs votaient pour le renouvellement de la moitié des sénateurs. La gauche, qui avait la majorité, l'a perdue. Ce matin, la droite totalisait 192 sièges, soit 17 de plus que la majorité absolue (175), la gauche 156. Le FN fait son entrée au palais du Luxembourg avec deux élus.

L’analyse de Carine Bécard au Sénat

Le Senat ne se renouvelle jamais complètement. Ces élections concernent cette fois 58 départements en métropole, un d’outre-mer -la Guyane- et quatre collectivités ultra marines. 87.534 grands électeurs sont donc chargés d'élire ou réélire 178 sénateurs. Les 170 autres ont été renouvelés en 2011 pour un mandat de six ans.

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Les parlementaires, conseillers généraux et régionaux, représentent une minorité du corps électoral : moins de 5%. L’écrasante majorité des électeurs (plus de 95%, donc) est constituée par les maires et, surtout, tous les conseillers municipaux des communes de plus de 9.000 habitants.

Le Sénat a basculé à droite

Hémicycle du Sénat
Hémicycle du Sénat © MaxPPP/IP3/Marlene Awaad

Passé à gauche en 2011 et c'était la première fois depuis sa création, le Sénat est repassé à droite. Le collège de grands électeurs est composé à 95% des représentants des communes. Mécaniquement, la large victoire de l'UMP et de l'UDI aux dernières municipales devait changer la composition de la haute assemblée.

Le président du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet (sortant), est battu dans le Tarn-et-Garonne, ainsi que Bernard Combes en Corrèze, fief du chef de l'Etat. En Savoie, l'ex-ministre du gouvernement Ayrault, Thierry Repentin, a été battu. Le maire de Tulle, conseiller à l'Elysée, est battu. La gauche a perdu également les deux sièges en Haute-Saône, trois en Haute-Garonne, un en Corse du sud, un dans l'Aveyron, un siège dans le Gard, le Tarn, le Finistère et le territoire de Belfort.

Dans les Bouches du Rhône, une seule rescapée au PS : Samia Ghali (au micro de Claire Servajean)

Ce retour à droite du Sénat un nouveau revers pour la majorité présidentielle, mais un revers beaucoup moins important que lors des précédentes élections car les conséquences sur la politique du gouvernement sont minimes, puisque la Constitution prévoit qu'en cas de désaccord entre le Sénat et l'Assemblée nationale, c'est cette dernière qui a le dernier mot. Ce que le Sénat sait très bien faire, en revanche, c'est retarder la machine gouvernementale. Depuis trois ans, malgré une majorité de gauche, il ne s'est pas gêné pour le faire. Une majorité de droite, c'est donc l'assurance de complications pour le gouvernement.

Le Front national a réussi à rentrer dans l'une des dernières assemblées de la République qui lui résistait

Marine Le Pen disant son espoir de "créer à nouveau la surprise", cette fois au Sénat. C'ets chose faite puisque le FN annonce l'élection de Stéphane Ravier (Bouches-du-Rhône) et David Rachline (Var).

L’entrée de deux sénateurs FN au Palais du Luxembourg est surtout symbolique car ils se retrouveraient isolés, sans groupe politique et avec très peu de moyens. Mais au-delà de l'élection, le FN était intéressé par un autre objectif : "Constater notre progression électorale et politique dans un corps électoral particulier, celui des grands électeurs", assure Michel Guiniot, qui supervise ces élections pour le parti de Marine Le Pen.

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