[scald=219911:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le projet de loi sur la réforme du marché du travail, fidèle à l'accord conclu par le patronat et une partie des syndicats mais jugé "scélérat" par la CGT et Force ouvrière, a franchi mercredi le cap de l'examen en conseil des ministres.

Ce texte qualifié d'"essentiel" par le président François Hollande sera présenté le 2 avril à l'Assemblée nationale et le 17 avril au Sénat, pour adoption autour du 22 avril et entrée en vigueur début mai, a précisé la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem.

Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a dit voir dans l'accord dénoncé par une partie de la gauche un "succès de la méthode du dialogue social, de la négociation, de la recherche du compromis" prônée par son gouvernement.

"Ce projet de loi va permettre de renforcer la sécurité des parcours professionnels pour les salariés", a-t-il déclaré dans la cour de l'Elysée, évoquant une formule "gagnant-gagnant" pour les salariés et les entreprises.

Le gouvernement compte sur ce texte pour gagner la bataille de l'emploi, au même titre que le pacte de compétitivité lancé l'automne dernier.

L'équipe socialiste au pouvoir s'est fixé comme objectif d'inverser d'ici fin 2013 la courbe du chômage, en hausse depuis 21 mois -objectif jugé inatteignable par nombre d'analystes et de responsables politiques, en particulier dans l'opposition.

La CFDT, un des syndicats qui avaient signé l'accord avec le patronat le 11 janvier, a jugé que le projet de loi respectait l'esprit et l'équilibre de ce qui avait été négocié.

"La CFDT demande aux députés de soutenir ce projet de loi qui donne des perspectives concrètes pour la sécurité des salariés et de leur parcours professionnel", poursuit-il.

Pour Jean-Marc Ayrault, "aujourd'hui, c'est une nouvelle étape. C'est une chance pour l'emploi et un nouvel espoir de protection des salariés".

L'aide pour les entreprises de moins de 50 salariés pourra représenter jusqu'à 38% du coût total pour l'embauche d'un jeune durant les premiers mois, a-t-elle fait remarquer.

"FLEXI-SÉCURITÉ"

Le projet de loi, qui retranscrit l'accord conclu entre les organisations patronales (Medef, CGPME et UPA), la CFDT, la CFTC et la CGC, est loin de faire l'unanimité à gauche.

Mardi, des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue un peu partout en France, à l'appel des syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires, contre un texte défendu par un exécutif accusé de "trahir le peuple".

L'accord prévoit notamment la création d'un compte personnel de formation, des droits rechargeables à l'assurance chômage, un nouvel encadrement des licenciements économiques et l'obligation de rechercher un repreneur en cas de projet de fermeture d'un site industriel rentable.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, y voit une "victoire pour l'ensemble des Français".

"Pour la première fois dans notre pays nous pouvons parler de flexi-sécurité", s'est-elle félicitée mercredi sur France 2. "Ce n'est certainement pas la victoire d'un camp contre un autre, les entreprises contre les salariés ou les salariés contre les entreprises".

Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, autre signataire de l'accord, a salué un texte comportant "des droits nouveaux pour notamment les salariés plus fragiles".

"C'est aussi un texte qui fait le choix de l'emploi, de faire en sorte que dans les entreprises, on choisisse l'emploi plutôt que les suppressions d'emplois, ce qui est le cas depuis 2008-2009 avec des plans sociaux en cascade et des suppressions d'emplois", a-t-il dit sur France Info.

Selon Najat Vallaud-Belkacem, François Hollande "espère que sur d'autres sujets" appelés à faire l'objet de négociations comme l'égalité professionnelle, les retraites ou la formation professionnelle, "nous puissions aboutir à un même résultat concerté qui fasse avancer notre pays".

La délicate question de la réforme des retraites s'annonce comme l'un des sujets de débat majeurs de 2013.

Avec service France, édité par Emmanuel Jarry

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.