[scald=67595:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les militants antinucléaires ont dénoncé jeudi soir la décision prise par les autorités de stopper le train convoyant des déchets nucléaires à destination de l'Allemagne en gare de Rémilly, près de Metz (Moselle).

Au ministère français de l'Intérieur, on explique cette décision par la nécessité d'assurer la sécurité du transport.

"Peu importe le temps que cela prendra, l'important, c'est que l'ordre soit garanti tant du côté français que du côté allemand de la frontière", a dit un porte-parole.

"Les manifestations à Valognes (ndlr, d'où est parti le convoi mercredi, dans la Manche) ont été violentes, nous prenons donc toutes les précautions nécessaires pour faire en sorte que le convoi reprenne la route dans des conditions optimales", a-t-il ajouté.

Mais pour le réseau Sortir du nucléaire, qui suit la progression du convoi, la décision présente un risque "insensé".

"Cet arrêt forcé en zone urbaine, totalement insensé, met en péril la sécurité des populations et expose les agents SNCF à des risques d'irradiations", dénonce le collectif dans un point de situation diffusé en début de nuit.

En Allemagne, les militants antinucléaires ont commencé à se mobiliser à leur tour.

Ils étaient près de 2.000 dans la journée de jeudi à Lüchow-Dannenberg, le terminal ferroviaire où les onze conteneurs Castor renfermant les déchets nucléaires vitrifiés seront transbordés sur des camions pour parcourir par la route la vingtaine de kilomètres menant au site de stockage de Gorleben.

Ce convoi de déchets issus du retraitement des combustibles usés des centrales nucléaires allemandes recyclés à La Hague est le dernier des douze convois prévus. Les déchets vitrifiés sont destinés à rejoindre Gorleben, où ils doivent être entreposés dans une ancienne mine de sel reconvertie en site temporaire de stockage.

D'après Areva, les conteneurs Castor sont conformes aux normes de sûreté de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"La valeur de débit de dose maximale mesurée pour ce transport, à deux mètres des wagons, est de 0,07 milli-Sievert par heure (inférieure à la limite réglementaire de 0,1 mSv/h). A titre de comparaison, il faudrait rester près de 14 heures en permanence à 2 mètres du wagon pour atteindre la dose reçue lors d'une radiographie du bassin, soit 1 mSv", précise Areva dans un communiqué.

Le train Castor a quitté le terminal ferroviaire du groupe nucléaire Areva mercredi après-midi. Il était arrivé jeudi matin en gare de Rémilly. L'incertitude entoure la suite du trajet, plusieurs voies étant possibles avant le franchissement de la frontière allemande.

Marie Maitre avec Sabine Ehrhardt à Berlin, édité par Henri-Pierre André

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