Depuis ce vendredi 18h, il n'est plus possible d'être candidat pour les élections législatives. Les listes sont définitives et nombreux sont les députés qui ne se représentent pas.

37% des députés sortants ne sont pas candidats à leur succession
37% des députés sortants ne sont pas candidats à leur succession © Maxppp / Vincent Isore

Les listes des candidats pour les élections législatives, dont les deux tours se dérouleront le 11 et le 18 juin prochain sont désormais définitives, les inscriptions étant closes depuis vendredi 19 mai, 18h.

► CARTE | LES PRINCIPAUX CANDIDATS DANS VOTRE CIRCONSCRIPTION (liste non définitive)
(Zoomez dans la carte et affichez les principaux candidats investis)

La République En Marche !, le mouvement du nouveau président de la République, présente une liste conjointe avec le MoDem de 526 noms. De son côté, Les Républicains a annoncé sa volonté d'exclure tout membre du parti qui se présenterait sous l'étiquette d'Emmanuel Macron et va jusqu'à présenter des candidats LR contre d'anciens ténors du parti, à l'image du nouveau ministre de l'Économie Bruno Le Maire, candidat dans l'Eure.

Manuel Valls, sanctionné pour avoir soutenu Emmanuel Macron alors qu'il s'était engagé à porter la candidature de Benoît Hamon, vainqueur de la primaire élargie du PS, se présente sans étiquette dans l'Essonne. Consolation pour l'ancien Premier ministre, il n'y a ni candidat de la République en Marche !, ni candidat socialiste face à lui.

Députés sortants : un taux d'abandon inédit

Sur les 577 sièges à pourvoir à l'Assemblée nationale, nombreux sont les députés qui ne se portent pas candidats à leur succession. Les raisons sont diverses : le non-cumul de mandats, qui fait préférer à certains leurs mandats d'élus locaux plutôt que l'Assemblée, l'exigence de parité pour les partis politiques, qui oblige évidemment à diversifier les candidatures et la recomposition politique, passage obligatoire des partis traditionnels après le boulversement de la récente victoire d'Emmanuel Macron à la présidentielle.

Ainsi, sur 569 élus sortants, ils sont au moins 212 à ne pas être candidats, soit environ 37% des députés sortants, dont presque la moitié sont socialistes (103). Un taux d'abandon "inédit" a remarqué franceinfo, qui a comparé avec les précédentes élections législatives : en 2012, 18% des députés sortants ne s'étaient pas représentés (105 sur 577). Même chose en 2007, avec un taux d'abandon de 17%, soit 98 députés sur 577.

Les circonscriptions à surveiller

Peu après la nomination des membres du gouvernement, Emmanuel Macron a confirmé que ceux de ses ministres qui sont candidats dans une circonscription devront démissionner en cas de défaite lors des législatives. Une épée de Damoclès au-dessus de six des membres du gouvernement Philippe, dont Bruno Le Maire, mais aussi Richard Ferrand, Anncik Girardin, Marielle de Sarnez, Christophe Castener, Mounir Mahjoubi.

Dans la deuxième circonscription des Alpes de Haute-Provence, le nouveau porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner n'a pas la certitude d'être reconduit - il avait élu en 2012 sous l'étiquette PS. Il n'aura pas d'adversaire PS, mais le FN et France insoumise sont puissants dans la circonscription. La menace est moins forte pour Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, qui se représente dans le Finistère (6e).

A Paris, le premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, affronte dans la 16e circonscription le nouveau secrétaire d'État au Numérique Mounir Mahjoubi.

Plusieurs fidèles du chef de l'Etat sont également candidats à Paris, dont le porte-parole de campagne Benjamin Griveaux (5e) ou Stanislas Guerini (3e). Le parti mise aussi sur des personnalités comme la torera Marie Sara face au sortant Gilbert Collard (FN) dans le Gard (2e), ou le mathématicien Cédric Villani dans l'Essonne (5e).

Côté LR, la main tendue à Emmanuel Macron joue en la faveur de plusieurs élus, tels que Thierry Solère (Hauts-de Seine, 9e) ou Franck Riester (Seine-et-Marne, 5e) qui n'auront pas de candidats La République en Marche ! face à eux. Les suppléants de certains autres élus LR vont avoir le champ libre pour succéder aux ténors, ces derniers ne se représantants pas, à l'instar de Xavier Bertrand (Aisne), Christian Estrosi (Alpes-Maritimes) ou Hervé Gaymard (Savoie). A Paris (2e), Nathalie Kosciuscko-Morizet aura face à elle à la fois un candidat REM, Gilles Legendre, et le maire LR du VIe arrondissement, Jean-Pierre Lecoq.

A gauche en revanche, plusieurs ministres PS ont été épargnés par La République en Marche !, dont Stéphane Le Foll dans la Sarthe (4e) et Marisol Touraine en Indre-et-Loire (3e). La bataille s'annonce plus rude dans la 18e circonscription de la capitale, où l'ex-ministre du Travail Myriam El Khomri (PS) aura face à elle la féministe Caroline de Haas, ainsi qu'un candidat LFI, Paul Vannier. REM n'a pas investi de candidat. Le candidat à la présidentielle Benoît Hamon affrontera Nadia Hai (REM) dans les Yvelines (11e), tandis que l'ex-ministre de l'Intérieur Mathias Fekl, figure montante du PS, risque d'être en difficulté dans le Lot-et-Garonne (2e). L'ex-ministre de l'Education, Najat Vallaud-Belkacem affrontera dans le Rhône (6e) l'entrepreneur Bruno Bonnell (REM).

Du côté de la France insoumise, tous les regards se tournent vers la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône où Jean-Luc Mélenchon vient défier le socialiste sortant Patrick Mennucci. Plusieurs autres têtes du mouvement sont candidats : Manuel Bompard en Haute-Garonne (9e), Alexis Corbière et Eric Coquerel en Seine-Saint-Denis (7e et 1e). Enfin, la bataille s'annonce sanglante dans la première circonscription de la Somme où la socialiste Pascale Boistard affrontera François Ruffin, souteni par La France insoumise et le FN Franck de Lapersonne.

Au Front national, si on espère gagner plus de sièges après la qualification de Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, il faut surtout regarder les résultats dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, où la présidente du parti a de grandes chances de l'emporter. C'est moins sûr pour Florian Philippot en Moselle (6e), tandis que dans le Vaucluse, la députée sortante Marion Maréchal-le-Pen a annoncé son retrait de la vie politique. Pour la remplacer, Hervé de Lépinau, mais son succès n'est guère assuré.

Triangulaires, quadrangulaires, 12,5%... Késako ?

A l'exception de 1986, où le scrutin était proportionnel, il faut nécessaire être élu lors d'un scrutin uninominal majoritaire à deux tours par circonscription pour devenir député, sous la Ve République. Lors du premier tour, un-e candidat-e doit obtenir 12,5% des inscrits pour être présent au second tour. Si ce seuil n'est atteint que par un seul des candidats, celui-ci n'est élu au premier tour que s'il parvient à obtenir la majorité. Sinon, c'est le candidat qui le suit en nombre de suffrages exprimés qu'il affrontera au second tour.

Pour rappel, avec un taux de participation plus faible que lors de l'élection présidentielle, avoisinant les 60% lors des précédentes élections législatives, en 2012, cela signifie qu'un candidat doit obtenir au moins 21% des voix pour se qualifier pour le second tour. Une règle qui rend possibles, mais rares, les situations de triangulaires (trois candidats au second tour) et quadrangulaires (quatre candidats). Dans ce cas, c'est le candidat qui récolte le maximum de suffrages qui l'emporte, majorité absolue ou pas.

Les circonscriptions citées dans le 7/9 ce lundi 22 mai 2017

13 candidats sur la 9e circonscription de Haute-Garonne

Bastien BOUET-ANNOUN : PA, Manuel BOMPARD : FI, Simone PAUZIN-FOURNIÉ : LR, Henri MARTIN : LO, Rivo RAKOTOMAVO : non renseigné, Christine ARRIGHI : EELV, Eloïse TERIITAUMIHAU : FN, Véronique BLANSTIER : PCF, Amelia FRANCOIS : UPR, Sabrina ISIDORE : non renseigné, Sandrine MÖRCH : LREM, Christophe BORGEL : PS, candidat sortant, Colette CHARBONNÉ-FARDELLA

La 5ème circonscription de Paris

Valérian ALMARIC , Raymond BASSIL , Julien BAYOU (EELV), Bruno BLUM (PA) , Anastasia CONTE , Monique DABAT (LO), Seybah DAGOMA (PS), députée sortante, Carine EDERICH, Patricia FONTAINE, Edouard GAUDOT , Benjamin GRIVEAUX (LREM), Alexandre HAYEK , Marie-Christine JAPPONT, Marie-José LASSELAIN, Didier LE RESTE (PC) , Deborah PAWLIK (LR), Romain ROSE (UPR), Thomas WATANABE VERMOREL, Lou WELGRYN , Layla YAKOUB (LFI).

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