Malgré un très fort taux d’abstention chez ses électeurs, le Front National offre des sièges de députés à plusieurs de ses têtes d’affiche, dont Marine Le Pen.

La dirigeante du FN, Marine Le Pen, l'a emporté lors des législatives à Hénin-Beaumont ( 11e circonscription du Pas-de-Calais).
La dirigeante du FN, Marine Le Pen, l'a emporté lors des législatives à Hénin-Beaumont ( 11e circonscription du Pas-de-Calais). © AFP / Denis Charlet

La tendance s’était largement amorcée au premier tour des législatives, elle s’est confirmé ce dimanche : 68% des électeurs du Front National ont boudé un passage aux urnes, dans la lignée des électeurs français en général, puisque ce deuxième tour a enregistré, une nouvelle fois, un fort taux d’abstention dans les bureaux de vote, près de 57% au niveau national.

Marine Le Pen députée pour la première fois

Mais cette fois, le Front National, s’il n’obtient que 8 sièges à l’Assemblée (nombre insuffisant pour obtenir un groupe), triple quand même le nombre de ses députés. Le parti y fait surtout entrer ses figures, en particulier la première de son parti : sa dirigeante Marine Le Pen, élue avec près de 52% des voix à Hénin-Beaumont (11e circonscription des Hauts-de-France). La fille de Jean-Marie Le Pen, fondateur du parti devenu indésirable, devient ainsi députée pour la première fois de sa vie.

Le FN s’affirme dans les Haut-de-France

C’est dans la région Hauts de France que le Front National obtient le plus grand nombre de ses députés : Marine Le Pen annonçait dimanche soir 4 élus dans le bassin minier, parmi lesquels Bruno Bilde (12e circonscription du Pas-de-Calais), Ludovic Pajot (10e circonscription du Pas-de-Calais), José Evrard (3e circonscription du Pas-de-Calais) et Sébastien Chenu (19e circonscription du Nord).

Dans le sud de la France, autre terre promise du Front National, Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, l’emporte à Perpignan, et Gilbert Collard a été réélu de justesse face à Marie Sara, ex-torera et candidate LREM. L'ex-avocat s’est fendu, à l’issu des résultats, d’une déclaration en forme d’avertissement pour son parti :

Nous ne devons pas crier victoire, parce que le Front national a pris un sacré coup dans la tête

"Il va falloir maintenant réfléchir très sérieusement au fonctionnement du mouvement et à la manière dont on doit s'organiser. Ce n'est pas concevable que dans une région comme le Gard, la Camargue, j'ai eu tant de difficultés alors que j'avais (...) un élan extraordinaire, qui s'est arrêté en plein vol", a expliqué le député de la deuxième circonscription du Gard.

En Moselle, le numéro 2 du FN, Florian Philippot, encaisse lui une défaite dans la sixième circonscription du département, face au candidat de LREM.

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