Plusieurs dizaines de communes ont pris des arrêtés anti-pesticides ces derniers jours, depuis l’initiative du maire de Langouët, en Ille-et-Vilaine. Les maires attendent maintenant une prise de position claire du gouvernement.

Le maire de Langouët, Daniel Cueff, s’adresse à ses soutiens, à son arrivée devant le tribunal administratif de Rennes.
Le maire de Langouët, Daniel Cueff, s’adresse à ses soutiens, à son arrivée devant le tribunal administratif de Rennes. © AFP / Sebastien Salom-Gomis

Le mouvement s’est accéléré ces derniers jours. Paradoxalement, depuis que le tribunal administratif de Rennes a suspendu l’exécution de l’arrêté anti-pesticide du maire de Langouët, le 27 août, de nouveaux maires se sont décidés à imiter leur collègue breton. À Audincourt, Revest-des-Brousses, Val-de-Reuil, ils sont une trentaine de maires, de tous bords politiques, à interdire désormais les épandages à proximité des habitations pour "protéger" leurs administrés. 

Une consultation publique début octobre

Si ces décisions n’ont pas valeur légale pour l’instant, les maires n’ayant pas le pouvoir de prendre ces arrêtés, elles ont le mérite de faire bouger les lignes. Le ministère de l'Agriculture a ainsi indiqué qu'une consultation publique réunissant tous les acteurs (préfet, agriculteurs, associations, etc...) allait être lancée début octobre. 

Philippe Laurent, maire de Sceaux et secrétaire général de l'Association des maires de France, est l’un des premiers à avoir pris un arrêté anti-pesticides, au mois de mai. "Il fallait qu’on fasse passer ce message d’action, dire que nous considérons qu’il y a danger et qu’il faut agir plus vite", explique l’élu. 

L’embarras des maires des communes rurales

Si les arrêtés se multiplient, on ne peut pas parler de "vague" pour Michel Fournier, maire de Voivres, dans les Vosges, et vice-président de l’Association des maires ruraux de France. Il n’a pas pris d’arrêté anti-pesticides dans sa commune et ne le fera pas par souci "de l’intérêt collectif", dit-il. "Il faut mesurer tout ce que cela peut engendrer comme conséquence pour les agriculteurs, explique-t-il. Je ne vois pas comment, à mon niveau, j’aurais la possibilité d’être aussi tranché d’un côté comme de l’autre." En revanche, Michel Fournier se satisfait que l’État soit poussé à prendre ses responsabilités.

Le gouvernement a bien l’intention de définir une règle qui prévaudrait au plan national mais il doit répondre à une épineuse question : à quelle distance des habitations faut-il interdire les épandages ? Le ministère de l’Agriculture propose de fixer la limite entre deux et cinq mètres, ce qui serait insuffisant pour le ministère de l’Ecologie. Le gouvernement promet de trancher d’ici début 2020. Il devrait aussi permettre aux communes de définir des chartes territoriales après consultation entre élus, riverains et agriculteurs. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.