Penelope Fillon a touché au total 45 000 euros d'indemnités de licenciement payées par l'Assemblée nationale, selon de nouvelles révélations du Canard Enchaîné daté de mercredi.

François Fillon, lors de sa conférence de presse organisée lundi 6 février 2017 à son QG de campagne, à Paris
François Fillon, lors de sa conférence de presse organisée lundi 6 février 2017 à son QG de campagne, à Paris © Maxppp / Thomas Padilla

Dans son édition de mercredi, Le Canard Enchaîné affirme que l'épouse de François Fillon, soupçonnée d'emplois fictifs comme assistante parlementaire, a touché, en deux fois, 45 000 euros d'indemnités de licenciement, de la part de l'Assemblée nationale. Un montant qui semble exorbitant au vu de la réglementation en vigueur.

"29 000 euros pour 17 mois de travail"

D'après l'hebdomadaire satirique, Penelope Fillon a perçu "à deux reprises de magnifiques indemnités de départ".

D'abord, le 21 août 2002, elle a reçu "16 000 euros d'indemnités, soit l'équivalent de cinq mois de salaire". Ces indemnités portent sur la période 1998-2002, pendant laquelle Penelope Fillon a été rémunérée comme assistante parlementaire de son époux.

Ensuite , lorsque François Fillon met fin, en novembre 2013, au dernier contrat de son épouse à l'Assemblée nationale, celle-ci aurait perçu "29.000 euros" de primes pour 17 mois de travail.

A l'époque, "la législation ne prévoit pas un tel niveau d'indemnités de licenciement pour un collaborateur parlementaire", écrit Le Canard Enchaîné.

Un niveau d'indemnités particulièrement élevé

  • Selon une attachée parlementaire du Sénat que nous avons jointe mardi, le montant de 45 000 euros semble "exorbitant", et "difficilement compréhensible". Mardi après-midi, une centaine de collaborateurs du Sénat, de gauche et de droite, ont manifesté devant l'entrée du Palais du Luxembourg pour dénoncer notamment le fait qu'à la fin du mandat du parlementaire, "le collaborateur est licencié pour motif personnel" et non pour motif économique.

  • Selon le site du syndicat national des collaborateurs parlementaires FO "les indemnités de licenciement sont calculées sur la base du salaire de référence et de l’ancienneté." Entre un et dix ans d'ancienneté, le montant de l'indemnité équivaut à 1/5ème de mois de salaire de référence par année d’ancienneté. Quand l'ancienneté est supérieure à dix ans, le collaborateur touche 1/5ème de mois de salaire de référence par année d’ancienneté, auquel on ajoute 2/15ème de mois de salaire par année d’ancienneté au-delà de dix ans.

  • D'après nos calculs et en fonction des éléments mis en ligne par François Fillon lundi soir sur les revenus de sa femme, elle aurait dû percevoir environ 17 500 euros d'indemnités de licenciement pour ces 15 ans de travail en tant que collaborateur parlementaire. Or selon le syndicat national des collaborateurs parlementaires, c'est "l’ancienneté auprès du même député employeur qui compte, et non l’ancienneté à l’Assemblée nationale." Pire, elle aurait donc dû percevoir une somme d'au minimum 3.315 euros sur la période 1998-2002 et 1 317 euros sur la période 2012-2013, soit au minimum 4 627 euros au total.

  • Même en ajoutant le solde de tout compte, on est très loin des 45 000 euros d'indemnités touchées par Penelope Fillon.

Par ailleurs, selon Le Canard Enchaîné, les enquêteurs ont établi que Penelope Fillon percevait bien ses salaires sur un compte bancaire personnel ouvert au Crédit agricole de Sablé sur Sarthe. Après vérification, "c'est bien sa signature qui figure au bas du contrat signé avec son mari".

François Fillon dénonce "des mensonges", une "volonté de nuire"

Dans un communiqué publié mardi soir, François Fillon écrit que "seule la volonté de nuire peut expliquer cette présentation mensongère". Les montants dont fait état l'hebdomadaire sont déjà inclus dans de précédents calculs, se défend-il.

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