Le président de la FRSEA Rhône-Alpes s'exprime devant les agriculteurs sur la suite du mouvement
Le président de la FRSEA Rhône-Alpes s'exprime devant les agriculteurs sur la suite du mouvement © Radio France / Rémi Ink

Les agriculteurs décident peu à peu de mettre fin aux blocages, même si le plan d'urgence du gouvernement et les déclarations de François Hollande ce jeudi matin ne les ont pas convaincus.

MISE A JOUR 18:00 : En Normandie , les trois grands ponts sur la Seine ne sont plus bloqués. Les Ponts de Normandie, de Tancarville et de Brotonne sont de nouveau ouverts à la circulation en début d'après-midi, même si le nettoyage de la chaussée est toujours en cours. Le Mont Saint-Michel est également désormais accessible.

Autour de Lyon , les éleveurs ont également décidé de la levée des barrages pour 16h ce jeudi. Ils doivent converger vers le quartier de la Confluence en centre-ville où un meeting est prévu vers 17h30 en présence du président de la FNSEA. "Je dois leur rendre compte de ce qui a été annoncé ce mercredi, puis on va envisager avec eux la sortie des mouvements " a expliqué Xavier Beulin sur Europe 1.

Au sud de Poitiers , les agriculteurs ont également levé le camp aux abords d'un magasin Auchan.

En Haute-Vienne , le barrage sur l'A20 (axe Paris-Toulouse) a été levé vers 16h.

Mais les agriculteurs ne baissent pas la garde et mènent des opérations de sensibilisation auprès des passants, et des actions aux abords des grandes surfaces.

Il reste par ailleurs quelques points de blocage : dans le Finistère sur le viaduc de Morlaix, en Charente-Maritime sur le pont de l'île d'Oléron (barrage filtrant), en Saône-et-Loire où des barrages sont dressés sur la Route Centre-Europe Atlantique (RCEA). Dans la Nièvre , tous les accès à Nevers restent bloqués.

Les Jeunes Agriculteurs (JA) préviennent qu'il vont "maintenir la pression tout l'été". De son côté, le président de la FNSEA Xavier Beulin assure que son syndicat met en place une "surveillance des enseignes". Par ailleurs, le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a demandé et obtenu la convocation d'un conseil des ministres européens de l'Agriculture en sempbre sur la crise de l'élevage. La filière laitière doit elle être reçue ce vendredi au ministère pour étudier les moyens de revaloriser les prix du lait, effondrés depuis la fin des quotas européens début avril.

A Dijon, François Hollande n'a pas convaincu les agriculteurs

Initialement, son déplacement ce jeudi en Côte d'Or était consacré uniquement à la viticulture et aux grands crus de Bourgogne, classés au patrimoine mondial de l'Unesco récemment. Mais face à la colère persistante des agriculteurs, qui rejettent majoritairement le plan d'urgence détaillé mercredi en conseil des ministres, l'Elysée a décidé de modifier quelque peu le programme.

Pour François Hollande, le noeud du problème réside dans les prix du lait et de la viande. La grande distribution doit produire "l'effort indispensable" et les abatteurs et transformateurs doivent "rendre des comptes" pour aboutir à une hausse des prix, et donc une rémunération à la hauteur des agriculteurs.

Il est vrai que depuis la remise du rapport du médiateur au ministère de l'Agriculture, on sait où le système a péché : les distributeursu ont globalement respecté leurs engagements, mais pas les abatteurs, soumis, eux, aux lois du marché et de la concurrence européenne.

Les précisions de Romain Roux.

Le président reconnaît par ailleurs que les contraintes administratives deviennent "insupportables" . Elles "seront allégées". L'Elysée veut aussi une meilleure implication de l'Etat pour aider les éleveurs : "Il y a encore dans les cantines 2/3 des approvisionnements qui ne viennent pas de France. Des actions seront immédiatement engagées". Enfin, François Hollande a évoqué la loi de Transition énergétique , définitivement adoptée ce mercredi. La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal va "dès aujourd'hui [jeudi] prendre un certain nombre d'arrêtés pour permettre que cette transition écologique soit utile et profitable aux agriculteurs".

L'intégralité de l'intervention de François Hollande à la sortie de la réunion en préfecture de Côte d'Or

Compte rendu de cette réunion avec l'envoyé spécial de France Inter, Cyril Graziani.

Nombreux blocages ce jeudi matin

Présent lors de la visite présidentielle, le président de la Fédération Nationale Bovine Jean-Pierre Fleury ne s'est pas montré séduit. "Dans les fermes, il y a une grosse rupture de confiance. Le plan du gouvernement ne résout pas les problèmes ".

A la sortie de la réunion, les agriculteurs n'ont d'ailleurs pas demandé la levée des barrages. Mais au fur et à mesure de la journée, les différentes fédérations syndicales ont appelé à la levée des blocages.

Dans la matinée pourtant, le mouvement avait pris de l'ampleur. En Rhône-Alpes , les accès à l'agglomération lyonnaise étaient bloqués sur les autoroutes A6, A7 et A42 par 800 éleveurs et 400 tracteurs.

Le reportage de Rémi Ink

En Auvergne , les éleveurs ont bloqué les entrées au Puy-en-Velay, de même que l'A75 au niveau de Lempdes-sur-Allagnon (Haute-Loire), et de Saint-Flour (Cantal).

Dans le Limousin , un barrage filtrant a été installé sur l'A20 qui relie Toulouse à Paris, tout comme sur le pont de l'île d'Oléron en Charente-Maritime . Dans le Finistère , les blocages perduraient au nord de Quimper et sur la Nationale 12 autour de Morlaix et Landerneau. En Normandie , un nouveau barrage empêchait les accès au Mont Saint-Michel.

Dans le Pas-de-Calais , les agriculteurs du Boulonnais ont fait le siège de l'hypermarché Leclerc d'Outreau. Des bennes de fumier ont été déversées devant les entrées.

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