Nicolas Hulot quitte le gouvernement. Il l'a annoncé ce mardi matin sur France Inter. Des perturbateurs endocriniens au permis de chasse, le ministre de la Transition écologique et solidaire a dû avaler plusieurs couleuvres. Florilège.

Nicolas Hulot
Nicolas Hulot © Radio France / Anne Audigier

Août 2018 : les chasseurs caressés dans le sens du poil

Les chasseurs ont notamment obtenu d'Emmanuel Macron, qui a plusieurs fois exprimé son soutien à la pratique de la chasse, une baisse du permis national de chasse de 400 à 200 euros, qu'ils réclamaient depuis longtemps.

Le président de la République voit dans le million de chasseurs un important réservoir de voix, traditionnellement classé à droite. Non négligeable dans l'optique des élections européennes de 2019.

Nicolas Hulot dénonce la "présence des lobbies dans les cercles du pouvoir". Lundi après-midi, Emmanuel Macron a organisé une deuxième réunion de haut niveau sur la chasse en six mois, avec le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) Willy Schraen, Nicolas Hulot et son secrétaire d’État Sébastien Lecornu qui pilote la réforme. Mais était présent également Thierry Coste, conseiller politique de la FNC, "à qui j'ai dit frontalement qu'il n'avait rien à faire là", a déclaré Nicolas Hulot sur France Inter.

Ça va paraitre anecdotique mais pour moi c'était symptomatique et c'est probablement un élément qui a achevé de me convaincre que ça ne fonctionne pas comme ça devrait fonctionner. C'est symptomatique de la présence des lobbies dans les cercles du pouvoir. Il faut à un moment ou un autre poser ce problème sur la table parce que c'est un problème de démocratie : qui a le pouvoir, qui gouverne ?

Il a toutefois assuré que sa décision de démissionner n'avait pas été provoquée par cette réunion sur une réforme qui "peut être importante pour les chasseurs, mais surtout pour la biodiversité".  "Mais ne pensons pas que ma décision vient simplement d'une divergence sur la réforme de la chasse, c'est une accumulation de déceptions et mais c'est surtout parce que je n'y crois plus", a-t-il déclaré.  

Juillet 2017 : l'UE adopte des critères de définition des perturbateurs endocriniens

Sur ce sujet, Nicolas Hulot a déclaré à l'époque : 

On a gagné une bataille mais pas la guerre.

Le 4 juillet 2017, les États membres de l'Union européenne (UE) ont voté un texte fixant une série de critères de définition censés cerner et mieux réglementer l'usage des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques pouvant avoir des effets néfastes sur l'organisme."Les critères votés aujourd'hui (...) requièrent un niveau tellement élevé de preuve qu'ils ne protégeront ni les humains ni la nature", avait déclaré Genon K. Jensen, de EDC-Free Europe, une coalition de plus de 70 organisations. 

Retoqué en octobre par le Parlement européen, le texte a été remanié et voté une nouvelle fois le 13 décembre. "Le niveau de preuve demandé est toujours extrêmement élevé", a déploré François Veillerette, porte-parole de l’ONG Générations futures.

7 Novembre 2017 : le nucléaire

Nicolas Hulot a déclaré :

Il sera difficile de tenir l'objectif de ramener à 50 % la part du nucléaire d'ici 2025

Un objectif fixé sous François Hollande, abandonné sous Emmanuel Macron, une décision que Nicolas Hulot a été obligé de défendre lui-même, devant les caméras

Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et, probablement, si on voulait s'acharner sur cette date, il faudrait peut-être même rouvrir d'autres centrales thermiques.

C'est à cette époque que le député européen EELV Yannick Jadot a déclaré, sur France Info : 

Nicolas Hulot n'avale plus des couleuvres, mais des boas constricteurs

27 novembre 2017 : l'UE vote le renouvellement pour cinq ans de la licence du glyphosate

Le gouvernement, et donc Nicolas Hulot, voulait un renouvellement pour trois ans. Un objectif qu'Emmanuel Macron a tout de même maintenu, demandant à ses ministres "de prendre des dispositions" pour que le pesticide potentiellement cancérogène soit interdit en France "dès que des alternatives auront été trouvées".

Le Ceta, sujet bouillant

À propos du Ceta, le traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, Nicolas Hulot a affirmé le mois dernier que "la messe n'est pas dite". Il a toujours été opposé à l'accord. Mais le traité est entré provisoirement en vigueur le 21 septembre 2017. Il doit tout de même encore être approuvé par les parlements nationaux, en Europe, pour être définitivement mis en œuvre. Le ministre de la Transition écologique a proposé la mise en place d'un veto climatique pour empêcher le recours, devant les tribunaux d'arbitrage, d'investisseurs qui s'estimeraient lésés par des mesures prises pour limiter le réchauffement climatique.

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