[scald=37445:sdl_editor_representation]par Elizabeth Pineau

LA ROCHELLE, Charente-Maritime (Reuters) - "Tous ensemble, so-cia-listes" ?

Le slogan unitaire scandé par les militants socialistes à La Rochelle n'a pas empêché chacun des candidats à la primaire de jouer sa partition en solo samedi, au deuxième jour de l'université d'été du parti.

A quelques mètres de la tente où Martine Aubry dédicaçait sa "Lettre aux Français", Ségolène Royal fendait la foule pour aller parler aux jeunes tandis que François Hollande participait à un chat sur internet et qu'Arnaud Montebourg s'apprêtait à monter à la tribune pour parler de "démondialisation".

Après les piques de la veille entre candidats, l'heure était à la réplique mais dans un esprit de sportivité, a assuré Martine Aubry, qui a dit se sentir "très, très bien à La Rochelle.

"Je n'ai senti aucune attaque", a-t-elle dit. "Moi j'adore l'athlétisme, les courses de vitesse : on est chacun dans notre ligne, on ne doit pas gêner les autres et accepter la compétition, c'est-à-dire le débat."

Comme la veille en réunion publique dans une salle bondée du centre-ville, François Hollande s'est montré très en verve à la tribune de l'université d'été sur le thème de la croissance.

"Si nous ne dominons pas l'argent, l'argent nous dominera, et c'est ce qui se produit, a-t-il plaidé. La démocratie est plus intelligente que les marchés."

En campagne active sous l'oeil des caméras, toujours prêt à embrasser un enfant ou poser pour une photo, le député de Corrèze s'est dit conscient des responsabilités conférées par son statut de favori dans les sondages.

"DEVOIR SUPÉRIEUR"

"J'ai par la position qui est la mienne aujourd'hui un devoir supérieur à celui d'autres, qui est de se tourner vers les Français, qui est d'être conscient de l'enjeu", a-t-il dit en conférence de presse.

Son refus de polémiquer ne l'a pas empêché de répondre aux critiques adverses. A Martine Aubry qui dit avoir eu "pitié" du PS dont elle a hérité en 2008, il a rétorqué : "Ce n'est pas une élection sur le Parti socialiste, mais c'est une décision pour désigner le candidat socialiste avec les Français pour 2012. Je ne me détourne pas de cet objectif."

A Ségolène Royal qui a noté que la Corrèze était le département plus endetté de France, il a esquivé en expliquant avoir hérité de cette situation il y a trois ans.

L'ancien premier secrétaire explique son avance par son départ précoce en campagne, au printemps, et les axes choisis : "La jeunesse comme thème fédérateur, la réforme fiscale comme condition et puis une présidence normale, avec le souci du neuf".

A six semaines du premier tour d'une primaire où le PS attend au moins un million de votants, Ségolène Royal et François Hollande se sont inquiétés de son organisation, laissant sous-entendre un manque de bonne volonté de la part de "l'appareil" du parti.

Jean-Pierre Mignard, membre de la Haute autorité des primaires, a mis en garde : un grand nombre des personnes désireuses de participer "ne sait pas aujourd'hui comment voter, où seront les bureaux ni quelles sont les conditions de vote".

Une critique balayée d'un revers de main par Martine Aubry.

"Je ne suis plus première secrétaire mais je sais que (le premier secrétaire par intérim) Harlem Désir fait un énorme travail", a-t-elle assuré.

"Plus nous aurons de Français qui viendront voter, plus il y a aura de Français mobilisés pas seulement pour gagner 2012 mais pour nous aider à changer la société. On aura besoin d'eux".

Edité par Thierry Lévêque

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