PARIS (Reuters) - Les candidats à l'élection présidentielle française ont rivalisé jeudi de propositions en faveur des femmes avec l'intention affichée de diminuer les inégalités dans un pays où la représentation politique reste très masculine.

Même si quatre candidats sur les douze potentiels sont des candidates - Marine Le Pen (Front national), Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Corinne Lepage et Eva Joly (écologistes) - le pays reste à la traîne avec par exemple 18% de femmes seulement à l'Assemblée nationale, disent les féministes à l'occasion de cette journée internationale des femmes.

Le candidat socialiste François Hollande a répété sa proposition d'instaurer une parité totale hommes-femmes dans son éventuel gouvernement concernant les ministères de plein exercice, et de restaurer le ministère du Droits des femmes jadis créé sous la présidence de François Mitterrand.

Il devait prononcer dans la soirée à Reims un discours sur les droits des femmes.

Nicolas Sarkozy, son principal rival à en croire les sondages, a de son côté annoncé sur RMC et BFMTV une nouvelle proposition sur ce thème, la création d'une agence de recouvrement des pensions alimentaires pour venir en aide aux femmes abandonnées par le père de leurs enfants.

Dans un communiqué, l'équipe du centriste François Bayrou a formulé plusieurs idées, dont, pour résoudre les écarts de rémunérations, celle de "taper au portefeuille les entreprises où il existe une inégalité salariale".

Nicolas Sarkozy et François Hollande sont également en faveur de l'égalité salariale entre hommes et femmes.

Marine Le Pen veut quant à elle être "la présidente des crèches" et propose une loi qui s'appliquera aux communes.

"Je veux que les crèches deviennent la priorité des collectivités locales", a-t-elle dit lors d'un point de presse, précisant qu'elle voulait "un minimum légal de nombre de places" de crèche dans les communes de plus de 3.500 habitants.

DES LOIS VONT FAVORISER LA PARITÉ

La candidate du Front national dénonce également "la régression du droit des femmes" liée, selon elle, "au communautarisme et au fondamentalisme".

Eva Joly, candidate d'Europe Ecologie-Les Verts, a fait part sur Europe 1 du sexisme qu'elle dit voir dans la vie politique et dont elle se dit victime dans cette campagne, où elle est l'objet de railleries d'humoristes et de rivaux politiques.

"J'ai l'impression d'avoir passé ma vie à lutter contre. Au parquet financier, quand je suis arrivée, il n'y avait pas de femme. Et comme juge qui interrogeait des grands patrons du CAC 40, ils avaient du mal à comprendre que je n'étais pas là pour servir le café", a raconté l'ancienne juge.

"Les stéréotypes ont la vie dure. Il faut lutter contre et commencer ce travail dès la crèche", a-t-elle ajouté.

Nombre de femmes politiques continuent de dénoncer la discrimination qui régnerait dans cet univers et serait alimentée par les médias.

La journaliste Valérie Trierweiler, compagne de François Hollande, a ainsi protesté sur son compte Twitter contre le traitement que lui a réservé son ancien employeur Paris Match, en publiant jeudi en "une", sans la prévenir, sa photo sous le titre "Valérie, l'atout charme de François Hollande".

"Bravo à Paris Match pour son sexisme en cette journée des droits de la femme. Pensées à toutes les femmes en colère", écrit-elle.

Le gouvernement socialiste de Lionel Jospin (1997-2002) avait fait adopter une loi censée favoriser l'émergence des femmes chez les élus par l'instauration de quotas chez les candidats, mais son effet reste limité, puisque les grands partis préfèrent souvent payer les pénalités prévues par la loi, ou présentent des femmes dans les circonscriptions difficiles.

La parité hommes-femmes dans la haute fonction publique française va en principe être renforcée avec l'instauration d'un quota qui devra atteindre 40% de personnes du même sexe en 2018, selon une loi adoptée définitivement la semaine dernière.

Une loi de 2011, relative au secteur privé, avait déjà fixé un quota de 40% de membres du même sexe à atteindre en 2017 dans les conseils d'administration des sociétés cotées en Bourse.

Thierry Lévêque et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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