François Bayrou renonce à se présenter à la présidentielle, et propose une alliance à Emmanuel Macron. Retour sur son parcours aux facettes variées.

François Bayrou en avril 2016
François Bayrou en avril 2016 © AFP / Joël Saget

Finalement, François Bayrou n'ira pas à la présidentielle. Le président du MoDem a annoncé ce mercredi après-midi son choix de proposer une alliance "sous conditions" à Emmanuel Macron, qu'il rencontrera dans les heures à venir. Le candidat de "En Marche" se voit donc proposer l'appui d'un pilier du paysage politique français, figure publique depuis plus de 25 ans.

Un habitué de la politique

François Bayrou fait partie du paysage politique depuis le début des années 80. A 30 ans seulement, il est élu conseiller général des Pyrénées-Atlantiques en 1982, puis devient quatre ans plus tard député.

En tant que ministre de l’Education nationale, il est l’un des rares ministres à avoir conservé son portefeuille d’un président de la République à l’autre : il est nommé à ce poste en 1993 sous le gouvernement Balladur, et le conserve en 1995 quand Jacques Chirac devient Président et Alain Juppé Premier ministre.

Député des Pyrénées-Atlantiques en discontinu de 1993 à 2012, il est également député européen pendant deux ans, entre 1999 et 2002. Depuis les élections municipales de 2014, il est maire de Pau.

Fer de lance du centrisme

Dès le début de sa carrière politique, François Bayrou s’est investi au sein de l’Union pour la démocratie française (UDF), le parti de Valéry Giscard-d’Estaing, étiqueté au centre droit. A la fin des années 80 et au début des années 90, VGE a de plus en plus de mal à maîtriser la divergence des courants de pensée. Face au mouvement Démocratie Libérale d’Alain Madelin, François Bayrou rejette les alliances avec le Front national lors des élections régionales de 1998.

François Bayrou est élu président de l’UDF la même année. Après la scission de Démocratie Libérale, il décide d’unifier tous les courants du parti et de les fondre dans une “nouvelle UDF” clairement marqué au centre, moins proche du RPR.

En 2006, il fait voter une motion qui définit le parti comme étant “libre et indépendant”, ni à droite ni à gauche. Et en 2007, il crée le Mouvement Démocrate (MoDem) dont l’UDF est membre fondateur, mais qui est aussi appelé à accueillir tous les mouvements qui se revendiquent comme centristes et indépendants.

Trois fois candidat à l’élection présidentielle

Une fois président de l’UDF (puis du MoDem), François Bayrou a été trois fois candidat à l’élection présidentielle, en 2002, 2007 et 2012. En 2002, deux événements marquent sa campagne : un tour de France à bord d’un bus roulant au colza, et la fameuse claque donnée à un enfant qu’il accusait de “lui faire les poches”.

C’est en 2007 qu’il réalise son meilleur score, se plaçant en troisième position avec 18,57% des voix, derrière Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Et il n’appelle pas à voter Sarkozy - sans dire pour autant s’il votera Royal.

En 2012, son recul est colossal : il arrive en cinquième position avec 9,13% des voix. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont devant lui. Sans donner de consigne de vote, il affirme qu'il votera personnellement pour François Hollande, ce que la droite ne lui a jamais pardonné.

Un homme de lettres

Bien qu’il soit un habitué de la politique française, François Bayrou n’est passé ni par Sciences Po, ni par l’ENA. Le Béarnais a fait des études littéraires et a obtenu son agrégation de lettres classiques à l’âge de 23 ans, tout en combattant un bégaiement contracté à l’enfance.

Bien loin de l’image de benêt que lui ont longtemps conféré Les Guignols de l’Info, il a donc longtemps enseigné les lettres, et publié plusieurs livres consacrés à l’Histoire de France. On lui doit notamment une biographie à succès de Henri IV publiée en 1994, ainsi qu’un ouvrage consacré aux premiers réformés, “Ils portaient l’écharpe blanche”, en 1998.

Depuis 2015, il est aussi devenu un personnage de roman : dans “Soumission”, l’écrivain Michel Houellebecq l’imagine en Premier ministre de la France en 2022.

Un homme de territoire

François Bayrou est profondément ancré dans son héritage béarnais. Né près de Pau, il a effectué tous ses mandats locaux dans cette région. Parlant couramment béarnais, il a fait partie des défenseurs de la Charte européenne des langues régionales.

Fils d’agriculteurs, il a aidé sa mère à gérer l’exploitation familiale à la mort de son père, tout en poursuivant sa carrière dans l’enseignement. Egalement passionné d’équitation, il possède un élevage de chevaux pur-sang de course.

Sans lui, point de salut ?

Ce mercredi, la question était la suivante : François Bayrou va-t-il finalement annoncer sa candidature ? Le président du MoDem était le dernier des candidats potentiels à n'avoir pas annoncé qu'il comptait se présenter. Partisan acharné d'une "troisième voie" qui ne soit ni la droite ni la gauche, il avait d'ores et déjà montré qu'il lui paraissait "impossible" de soutenir François Fillon : "Comment faire une campagne électorale dont tout l’axe était de demander des sacrifices aux gens ?" a-t-il lancé la semaine dernière sur LCP.

François Bayrou a préféré proposer une alliance à Emmanuel Macron, qui lui aussi défend une ligne "ni de droite ni de gauche" et qui semble plus en avance dans les sondages.

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