Dans les cadre de la campagne officielle pour les élections européennes du 26 mai, France Télévisions a commencé à diffuser les clips de campagne des 34 listes en lice pour le scrutin. Et à cet exercice-là, certains partis se démarquent. D'autres moins.

Les clips de Nathalie Loiseau, François Xavier Bellamy, Jean-Christophe Lagarde et du PCF, avec Josiane Balasko : tous dans un style différent.
Les clips de Nathalie Loiseau, François Xavier Bellamy, Jean-Christophe Lagarde et du PCF, avec Josiane Balasko : tous dans un style différent.

Les clips de campagne, c'est du sérieux. Leur diffusion, dans le cadre de la campagne officielle pour les élections européennes, est encadrée par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA). Le temps de parole accordée à chacune des 34 listes engagées pour le scrutin a été millimétré, et les clips doivent respecter un certain nombre de règles : ne pas utiliser l'hymne européen ou l'hymne national, ne pas se moquer des autres listes, ne pas lancer d'appel aux dons, etc.

Mais pour le reste, ce sont les équipes des candidats qui choisissent. Si vous n'avez pas la télévision (la campagne est également diffusée à la radio, notamment sur France Inter), voilà à quoi ressemble les clips qui ont déjà été diffusés.

Ceux qui restent classiques : Place Publique-PS, les Républicains, le Rassemblement national et EELV

Les clips de campagne existent en plusieurs versions, avec des longueurs différentes pour répondre aux exigences du CSA. Mais il y a une forme "classique" : la tête de liste sur le terrain, des meetings, les propositions déroulées par la voix-off, etc. Un format adopté notamment par les Républicains (LR), le Rassemblement national (RN) ou l'alliance Place Publique-PS, avec des images tournées lors de déplacement de campagne.

Dans ces cas-là, aucun doute n'est possible. Dans le clip de campagne de la liste "Envie d'Europe", conduite par Raphaël Glucksmann, le fond correspond à la forme : quand le candidat s'adresse aux "citoyens", ce sont des images de manifestations qui défilent à l'écran. Quand la tête de liste prône une "Europe plus écologique", on la voit déambuler en pleine nature.

Dans la version longue de son spot, Europe Écologie les Verts (EELV) alterne, dans le même esprit, entre images de manifestations et de meetings, avec des vues aériennes montrant des champs, des forêts ou des éoliennes. Le clip de campagne de la liste emmenée par François-Xavier Bellamy (LR) suit la même logique, avec une nuance : des mots-clés du programme comme "refonder" "grands projets" ou "civilisation" se superposent aux images.

Si le président des Républicains, Laurent Wauquiez, apparaît dans le clip de campagne de son parti, le Rassemblement national va plus loin, puisque Marine Le Pen partage la voix off avec la tête de liste, Jordan Bardella. La présidente du parti, en 78e position sur la liste, inaugure le clip de campagne et le conclut en appelant ses partisans à "prendre le pouvoir".

Ceux qui mettent en avant des personnalités : la République en Marche et le Parti communiste

La liste "Renaissance", conduite par Nathalie Loiseau (LREM) et celle emmenée par Ian Brossat (PCF) n'innovent pas vraiment sur la forme, mais ont choisi de mettre en avant des personnalités connues pour autre chose que leur engagement politique. Le clip de campagne du PCF s'ouvre ainsi en donnant la parole à Josiane Balasko, filmée devant un micro. L'actrice commence à dérouler les propositions du parti, puis se sont des candidats de la liste qui prennent le relais.

Le clip de LREM suit la même logique : c'est la voix de Bernard Guetta, ancien chroniqueur à France Inter, que l'on entend en ouverture, alors que défilent des images d'archives de l'Europe au sortir de la Seconde guerre mondiale. La différence avec Josiane Balasko, c'est que Bernard Guetta est candidat sur la liste Renaissance. Selon les versions, différents colistiers prennent ensuite la parole et c'est Nathalie Loiseau (tête de liste) qui se charge de clôturer le clip.

Dans une autre version de son clip de campagne, diffusée dans la semaine du 13 mai, EELV donne pour sa part la parole à Noël Mamère, ancien député, ancien candidat à l'élection présidentielle et figure du parti.

Ceux qui innovent : la France insoumise et l'UDI

Pour cette campagne officielle, le parti de Jean-Luc Mélenchon a choisi de sortir des sentiers battus. Le clip de campagne de la liste menée par Manon Aubry se présente comme un court-métrage où l'on suit une femme qui s'apprête à voter. Dans l'isoloir, les bulletins de vote s'envolent et l'électrice se retrouve dans des lieux symboliques abordés dans le programme des Insoumis : dans une usine, dans une manifestation pour le climat, devant un hôpital menacé de suppression de postes, etc. Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry se partagent la voix off. Les clips existant en différentes versions et en différents formats, c'est la version longue que la France insoumise a choisi de diffuser sur sa chaîne Youtube.

Pas d'images de campagne ou de court-métrage pour Jean-Christophe Lagarde, mais des dessins animés. Dans un clip de campagne diffusé sur les réseaux sociaux, le candidat UDI déroule son discours avec des images illustrant son programme : un avion et une fusée pour illustrer Airbus et Ariane, un graphique animé représentant les différences de cotisations sociales en Europe ou encore des passeports tamponnés quand le candidat aborde le thème de l'immigration.

Ceux qui font sobre : les Patriotes, Debout la France, Génération.s et l'UPR

Pour réaliser leurs spots, les listes peuvent faire appel gratuitement aux moyens de France Télévisions ou proposer eux-mêmes leurs propres images, dont le coût doit alors être intégré aux comptes de campagne. Parmi les spots diffusés depuis le 14 mai, il y a donc ceux qui reprennent les codes des clips "classiques", mais avec moins de moyens. 

C'est le cas de la liste "Ensemble Patriotes et Gilets jaunes", qui a choisi de montrer Florian Philippot (tête de liste) et Jean-François Barnaba (en neuvième position) déambuler ensemble avec, en fond, le mémorial Charles de Gaulle de Colombey-les-Deux-Églises.

Le clip de campagne de Debout la France se veut pédagogique : Nicolas Dupont-Aignan, la tête de liste, est d'abord filmé seul et des mot clés s'affichent sur la gauche de l'écran, puis ses colistiers le rejoignent.

Le spot de Génération.s diffusé dans la semaine du 13 mai est une succession d'images d’illustrations et de meetings, avec la voix de Benoît Hamon (tête de liste) pour la profession de foi. Un clip de campagne de l'UPR ne propose, en revanche, uniquement des images d'illustrations.

Ceux qui sont minimalistes : Évolution citoyenne, Lutte Ouvrière, Parti fédéraliste européen, etc.

Beaucoup de clips de campagne ne dépassent pas la forme purement informative. Ainsi, le 15 mai ont notamment été diffusés les spots de Lutte Ouvrière, du Parti fédéraliste européen ou d'Évolution citoyenne. À chaque fois, le plan est fixe et les candidats détaillent leur programme, sans fioritures.

Ces spots minimalistes ne sont pas réservés aux "petites" listes. L'un des clips de campagne du Rassemblement national fait en effet parler, tour à tour, les différents candidats. Tous les clips de campagnes n'ont pas été diffusés : ils passeront à la télévision, dans leurs différentes version, jusqu'au 23 mai.

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