Jean-François Copé et François Hollande
Jean-François Copé et François Hollande © Reuters

Au lendemain du séisme des élections européennes et de la victoire du FN, deux hommes sont la cible de toutes les critiques : François Hollande – dont la politique aurait poussé les sympathisants PS à l’abstention - et Jean-François Copé – touché par l’affaire Bygmalion et accusé d’avoir fait une politique droit droitière.

Le parti de Marine Le Pen arrive en tête, avec 24,96% des suffrages exprimés. Loin devant l'UMP (20,80%) et le PS / PRG (13,98%).

► ► ► ALLER PLUS LOIN | Le FN grand gagnant des Européennes

Réunion d'urgence à l'Elysée après la victoire du FN

François Hollande a réuni Manuel Valls et ses principaux ministres lundi matin à l'Elysée. Laurent Fabius, Michel Sapin, Bernard Cazeneuve, Stéphane Le Foll et Harlem Désir ont participé à cette réunion destinée à tirer les leçons de la déroute de la majorité et à affirmer, pour le Président, sa volonté de poursuivre la politique engagée.

"Sur le plan national il faut agir pour avoir des résultats plus rapides, plus concrets", juge un conseiller du président.

Le Premier ministre, invité de RTL avant de se rendre à l'Elysée, a assuré que l'heure n'était pas au changement d'équipe, encore moins à la dissolution réclamée dès dimanche soir par le FN et par certains UMP.

"Le quinquennat doit aller à son terme", pour Manuel Valls. "Nous n'allons pas ajouter à la crise d'identité, à la crise morale que la France traverse, le désordre par des élections, un pays qui serait ingouvernable"

Le Premier ministre qui a prôné de nouvelles baisses d'impôt, "notamment de l'impôt sur le revenu". Au risque de rendre encore plus confuse la politique menée par François Hollande : un coup j’augmente les impôts, une fois je les baisse…

Une conférence de presse est prévue mardi à Bruxelles, peut-être le Président interviendra-t-il avant pour expliquer aux Français que le cap doit être tenu.

Les explications de Cyril Graziani

► ► ► RÉSULTATS | Notre carte interactive et les résultats détaillés dans votre circonscription

Jean-François Copé au pied du mur

Dès dimanche soir, le Président de l'UMP prenait acte de "l'échec" de son parti :

C'est pour notre famille politique une grande déception. ... Si nous étions très rassemblés aux élections municipales, où nous avons pu grâce à cela remporter une victoire historique, nous étions plus divisés sur l'élection européenne, tout cela a troublé.

Alain Juppé et François Fillon ont été les premiers à ouvrir les vannes de la remise en cause, demandant que l'UMP "change" et exigeant toute "la clarté" sur les pratiques du parti. Pour l'ancien Premier ministre, l'UMP "est atteinte dans sa crédibilité et doit s'interroger sur les raisons de son échec. Elle n'a pas été en mesure de se rassembler et son honneur est mis en cause"." Nous avons maintenant besoin d'un changement profond", a-t-il ajouté lors d'une déclaration. Le maire de Bordeaux a lui demandé une gouvernance "plus collective".

D'autres responsables, d'abord en privé, puis de plus en plus fort, demandent la tête de Jean-François Copé. Pour Eric Woerth, s'il n'y a pas de changement à la tête du parti :

On est confronté à un risque d'explosion ou d'implosion à l'UMP

Dimanche soir, Jean-François Copé a promis "la plus grande transparence" et des "initiatives" mardi lors d'une réunion décisive du bureau politique, prévue à 8h30.

Mais lundi matin, la curée était au menu du petit déjeuner : Bernard Debré, Bruno Lemaire, Valérie Pécresse, entre autres, ont exigé que le président de leur parti quitte l'UMP.

Fragilisé par des informations du Point, en février, sur des soupçons de surfacturation au profit de la société de communication Bygmalion, fondée par deux de ses proches, en 2012, Jean-François Copé est définitivement déstabilisé par les révélations de Libération sur quelque 20 millions d'euros que l'UMP aurait versés au premier semestre 2012 à Bygmalion pour des prestations présumées fictives pour certaines. Lundi matin l'Express a publié le facsimilé d'une facture signée par Jean-François Copé, alors que ce derniers avait déclaré peu avant sur BFM :

Je n'ai jamais vu les factures, les chèques etc... Ce n'était pas dans ma fonction, par définition moi je faisais... Je faisais confiance par définition aux gens dont c'est le métier

Les explications de Carine Bécard

L'ancien trésorier de l'UMP Dominique Dord, de même que deux autres élus du parti, Arnaud Robinet et Pierre Lellouche, sont convoqués en qualité de témoins à partir de lundi par la police judiciaire de Nanterre (Hauts-de-Seine)

► ► ► DOSSIER | Tout savoir sur les élections européennes et ses enjeux

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.