par Jonny Hogg et Christian Tsoumou

BRAZZAVILLE/KINSHASA (Reuters) - Le gouvernement congolais a fait état de 146 morts après les explosions qui se sont produites dimanche dans un dépôt de munitions de Brazzaville.

Betu Bangana, chef du protocole de la présidence, a par ailleurs parlé de 120 tués après avoir avancé dans un premier temps un bilan de 200 morts.

"Des habitants sont encore dans leurs maisons. Ils disent que tout le quartier de Mpila a été détruit", avait-il déclaré. De nombreux corps sont brûlés et mutilés et les hôpitaux avaient déjà dénombré 136 morts à la mi-journée.

Le ministre congolais de la Défense, Charles Zacharie Bowao, a démenti les rumeurs de tentative de coup d'Etat ou de mutinerie, et a déclaré à la radio publique que les explosions étaient dues à un incendie accidentel provoqué par un court-circuit.

Au moins 225 blessés ont été admis à l'hôpital universitaire, selon une source médicale. Les pouvoirs publics prendront tous les soins à leur charge et s'occuperont des orphelins, a promis Bienvenu Okiemy, porte-parole du gouvernement.

Selon les témoignages recueillis par la presse, trois énormes explosions, suivies de plusieurs autres moins violentes, ont secoué la capitale de la République du Congo vers 8h00 (7h00 GMT). Un énorme panache de fumée s'est élevé au-dessus de Brazzaville.

PANIQUE AUSSI À KINSHASA

Les forces de sécurité ont établi un cordon de sécurité autour du quartier dévasté, que les habitants tentaient de fuir.

"J'ai vu un homme transporté à l'hôpital avec les intestins à l'air. Il avait été touché par un éclat", a raconté un témoin.

Une église pleine de fidèles s'est effondrée, a dit un autre.

Le quartier ressemble à une zone de guerre, jonchée de débris et parsemée de bâtiments effondrés ou en feu, a constaté un journaliste de Reuters.

La télévision congolaise a diffusé des images de scènes de panique et de blessés affluant dans les hôpitaux, où les médecins sélectionnent les blessés les plus graves pour les opérer immédiatement. Elle diffuse également un appel à la mobilisation du personnel médical.

Selon l'agence Chine nouvelle, qui cite des sources officielles chinoises, trois ouvriers chinois ont été tués et de nombreux autres blessés.

La panique a également gagné Kinshasa, de l'autre côté du fleuve Congo, large à cet endroit de 700 mètres, où des vitres ont volé en éclats, selon des témoins.

Jean-Stéphane Brosse, Tangi Salaün et Jean-Philippe Lefief pour le service français

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