Le ministre de la Transition écologique a refusé de participer, ce jeudi, à la dernière journée des États généraux de l'alimentation, considérant que le résultat n'était pas à la hauteur. Ce n'est pas la première fois que l'ancien animateur de télévision exprime ses doutes sur la politique écologique du gouvernement.

Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale, le 19 décembre 2017.
Nicolas Hulot à l'Assemblée nationale, le 19 décembre 2017. © Maxppp / Christophe Morin

Même déçu par les conclusions des États généraux de l'alimentation, Nicolas Hulot a réaffirmé, ce vendredi, qu'il n'a pas pensé "une seconde" à démissionner. "Je pensais que c'était trop tôt pour ce qui me concerne pour conclure un processus dont il faut poursuivre l'accompagnement", indique le ministre. 

À propos de Nicolas Hulot, le président de la République, Emmanuel Macron, déclarait dimanche dernier sur France 2 : "Je souhaite très profondément qu'il reste et qu'il agisse. (...) Il apprend aussi les contraintes de l'exercice politique et de la décision : c'est qu'on est tous les jours les mains dans la glaise et que ça ne peut pas être parfait du jour au lendemain". Illustrations.

  • Juillet 2017 : l'UE adopte des critères de définition des perturbateurs endocriniens

Sur ce sujet, Nicolas Hulot a déclaré à l'époque : "On a gagné une bataille mais pas la guerre." Le 4 juillet 2017, les Etats membres de l'Union européenne (UE) ont voté un texte fixant une série de critères de définition censés cerner et mieux réglementer l'usage des perturbateurs endocriniens, ces substances chimiques pouvant avoir des effets néfastes sur l'organisme. "Les critères votés aujourd'hui (...) requièrent un niveau tellement élevé de preuve qu'ils ne protégeront ni les humains ni la nature", avait déclaré Genon K. Jensen, de EDC-Free Europe, une coalition de plus de 70 organisations.

Retoqué en octobre par le Parlement européen, le texte a été remanié et voté une nouvelle fois le 13 décembre. "Le niveau de preuve demandé est toujours extrêmement élevé", a déploré François Veillerette, porte-parole de l’ONG Générations futures.

  • 7 Novembre 2017 : "Il sera difficile de tenir l'objectif de ramener à 50 % la part du nucléaire d'ici 2025"

Un objectif fixé sous François Hollande, abandonné sous Emmanuel Macron, une décision que Nicolas Hulot a été obligé de défendre lui-même, devant les caméras : "Si on veut maintenir la date de 2025 pour ramener dans le mix énergétique le nucléaire à 50 %, ça se fera au détriment de nos objectifs climatiques et ça se fera au détriment de la fermeture des centrales à charbon et, probablement, si on voulait s'acharner sur cette date, il faudrait peut-être même rouvrir d'autres centrales thermiques."

C'est à cette époque que le député européen EELV Yannick Jadot a déclaré, sur France Info : "Nicolas Hulot n'avale plus des couleuvres, mais des boas constricteurs".

  • 27 novembre 2017 : l'UE vote le renouvellement pour cinq ans de la licence du glyphosate

Le gouvernement, et donc Nicolas Hulot, voulait un renouvellement pour trois ans. Un objectif qu'Emmanuel Macron a tout de même maintenu, demandant à ses ministres "de prendre des dispositions" pour que le pesticide potentiellement cancérogène soit interdit en France "dès que des alternatives auront été trouvées".

  • Notre-Dame-des-Landes et Ceta : les sujets bouillants

Nicolas Hulot ne veut pas d'un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes. "Je ne veux pas m'exprimer sur Notre-Dame-des-Landes parce que je vais encore me faire engueuler, disait-il en octobre sur France Inter. On connaît ma position (...) croyez-moi, j'assumerai mes responsabilités."Le rapport des médiateurs sur le sujet a été remis au gouvernement, qui promet une décision d'ici la fin du mois de janvier.

À propos du Ceta, le traité de libre-échange entre l'UE et le Canada, Nicolas Hulot a affirmé le mois dernier que "la messe n'est pas dite". Le traité est entré provisoirement en vigueur le 21 septembre mais il doit encore être approuvé par les parlements nationaux, en Europe, pour être définitivement mis en oeuvre. Le ministre de la Transition écologique a proposé la mise en place d'un veto climatique pour empêcher le recours, devant les tribunaux d'arbitrage, d'investisseurs qui s'estimeraient lésés par des mesures prises pour limiter le réchauffement climatique.

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