Selon une étude du Cevipof, la droite et le centre sont en tête des intentions de vote chez les fonctionnaires, une "droitisation" qui touche toutes les catégories.

Le vote des fonctionnaires connait un phénomène de "droitisation"
Le vote des fonctionnaires connait un phénomène de "droitisation" © Maxppp / PHOTOPQR/LE TELEGRAMME

De plus en plus, les fonctionnaires se disent prêts à voter pour des candidats du centre, de la droite voire de l'extrême droite : c'est ce qui ressort d'une étude menée par le Cevipof, le centre d'études politiques de Sciences Po, publiée ce jeudi. En décembre, entre 29% et 39,5% (selon le candidat) des fonctionnaires avaient l'intention de voter pour un candidat de gauche. C'est moins que le résultat obtenu en mai 2016, qui donnait 41% des intentions de vote pour la gauche.

Ce sont la droite républicaine et le centre qui séduisent les fonctionnaires : entre 39% et 49% d'intentions de vote. Quelle que soit la configuration de l'élection présidentielle (avec Valls ou Montebourg, avec ou sans Bayrou), le cumul des intentions de vote pour la droite et le centre est supérieur à celui qui bénéficie aux candidats de gauche et d'extrême-gauche, même si l'écart gauche-droite reste plus faible que dans le privé, où la droite est plus en avance.

Le Pen en tête des intentions au premier tour dans la fonction publique

Mais du fait de la division des familles politiques, c'est bien Marine Le Pen qui arrive en tête des intentions au premier tour, que ce soit dans la fonction publique d’État (18,5%), la fonction publique territoriale (19,4%) et la fonction publique hospitalière (21,5%). Alors que pour l'ensemble de l'électorat, Marine Le Pen reste derrière François Fillon, à 22% contre 23,5%.

Mélenchon et Fillon en progression chez les enseignants, Le Pen recule dans la police

Du côté des enseignants, la gauche de majorité est également en recul : 46% contre 56% en mai 2016. La candidature de Jean-Luc Mélenchon progresse, mais aussi celles des candidats centristes (François Bayrou et Emmanuel Macron, qui attirent à eux deux le quart des intentions de votes) et de François Fillon qui recueille désormais 17% d'intentions de vote.

Et chez les policiers et militaires, Marine Le Pen perd cinq points par rapport à la vague précédente, mais reste très haut dans les sondages avec 46,3% d'intentions de vote au premier tour. Selon le Cevipof, François Fillon semble faire mieux auprès de cet électorat que Nicolas Sarkozy, "dont la politique de réduction des effectifs a laissé de mauvais souvenirs".

L'enquête publiée par les chercheurs du Cevipof étudie plusieurs cas de figure, et établit que "toute une partie de l'électorat qui se situe au centre gauche ou au centre droit peut ainsi glisser soit vers la gauche soit vers la droite en fonction des personnalités présentes et des options politiques dont elles sont porteuses", autant dans le privé que dans le public.

*Les résultats publiés reposent sur les vagues 1, 2, 3, 4 et 9 de l'Enquête électorale française, réalisées entre le 14 novembre et le 29 novembre 2015, le 22 janvier et le 2 février 2016, le 11 et le 20 mars 2016, le 13 et le 21 mai 2016 puis entre le 2 et le 8 décembre auprès de 23.061, 21.385, 19.455 et 18.013 personnes interrogées selon la méthode des quotas.

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