Week-end studieux pour les gauches radicales européennes. À Stockholm se tient ce week-end le sixième sommet du plan B, initié en 2015 par Eric Coquerel, aujourd'hui député insoumis. Une réunion particulièrement importante, entre Brexit, montée de l'extrême droite et mouvement des "gilets jaunes".

Depuis Stockholm, les différentes gauches européennes voient en le mouvement des "gilets jaunes" en France un avant-poste de la révolution citoyenne qu'ils espèrent
Depuis Stockholm, les différentes gauches européennes voient en le mouvement des "gilets jaunes" en France un avant-poste de la révolution citoyenne qu'ils espèrent © AFP / Amaury Cornu / Hans Lucas

Ici la règle est claire : on laisse ses problèmes politiques domestiques au vestiaire. À l'exception des Britanniques, qui ont une conférence dédiée au Brexit, tout le monde est là pour penser stratégie européenne commune

Ainsi le patron du Parti de gauche suédois, Jonas Sjöstedt refuse de s'appesantir sur la poussée de l'extrême droite dans son pays.

Je crois que nous avons une responsabilité particulière. Il ne s'agit pas de se battre seulement contre l'extrême droite mais de déjouer les politiques libérales qui sont si mauvaises pour les politiques de redistribution économique dans nos sociétés. J'ai l'espoir qu'au lendemain des élections européennes ce soit la vraie gauche qui passe devant l'extrême droite.

Le Brexit, une manière de dire si vous n'êtes pas un mâle blanc retournez chez vous

Dans les couloirs de ce royal Parlement suédois qui met à disposition cet hémicycle, on interpelle Julie Wards, eurodéputée du Labour. Pas du genre à s'apitoyer sur son sort, pas non plus à retourner sa veste de politique opposée à l'Europe telle qu'elle va, pour autant elle défend mordicus le maintien dans l'Union.

"Je crois que nous devons nous battre pour la liberté de circulation, pour les travailleurs, pour les réfugiés. Le Brexit ne produit pas cela. Le Brexit c'est une manière de dire : si vous ne ressemblez pas à tout le monde, à ceux qui s'en sortent, qui vont bien, si vous n'êtes pas un mâle blanc, retournez chez vous !"

La France en revanche et son mouvement des "gilets jaunes" suscitent beaucoup de curiosité voire d'enthousiasme. 

Les "gilets jaunes", avant-postes de la révolution citoyenne

Ce qui ne déplaît pas à Manon Aubry, la tête de liste européenne de la France Insoumise qui fait ici son baptême de plan B. À la tribune, dans un anglais parfait, elle pourfend notamment cette "division binaire qui consiste pour Emmanuel Macron et les libéraux à faire passer pour conservateur, populiste ou nationaliste tout ce qui conteste les politiques libérales de libre échange".

Ici, tous les orateurs font de ce mouvement des "gilets jaunes" une sorte d'avant-poste de la Révolution citoyenne dont ils croient tous ici le surgissement proche. Manon Aubry abonde :

"En voyant les choses de plus loin, depuis une autre capitale européenne, on voit que c'est le résultat de politiques libérales qui sont menées depuis des années. Mais encore faut-il le traduire politiquement."

Marc Botenga président du Parti du Travail Belge, et tête de liste européenne aussi, insiste : 

"Le mouvement des"gilets jaunes" ne dit pas "on est contre la transition écologique" ; il dit ce n'est pas aux gens de payer ça mais ça doit être aux grandes entreprises, il faut une fiscalité plus juste. Et quand on leur dit vous êtes les empêcheurs du progrès c'est vraiment d'une hypocrisie incroyable."

On rappellera qu'ici à Stockholm c'est le monde rêvé de la gauche qui s'exprime, celui où l'on applaudit le slogan des belges : "La gauche qui pique contre l'Europe du fric"

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