La décision de la municipalité UMP d'Angoulême (Charente) de faire poser des grillages la veille de Noël autour de neuf bancs publics de la ville afin d'empêcher des SDF de s'y installer a suscité jeudi des réactions d'indignation.

La mairie a expliqué avoir pris cette mesure en concertation avec des commerçants proches du Champ de Mars car les bancs étaient "utilisés quasi-exclusivement par des personnes qui se livrent à une alcoolisation récurrente, tous les jours". Le président de l'union des commerçants, Thierry Courmont, a assuré que la mesure visait surtout les revendeurs de drogue.De nombreux internautes ont dénoncé une "indignité locale" et un "manque d'humanisme" en période de Noël. "Guantanamo ? - non non, Angoulême", se moque l'un d'eux. D'autres ont menacé de boycotter le festival de la bande dessinée de la ville. Le collectif "Les morts de la rue" ou l'ancien député socialiste Guillaume Garot ont exprimé sur Twitter leur colère :

Face aux réactions, le maire Xavier Bonnefont a réagi sur sa page Facebook, insistant sur le fait que cette mesure ne vise pas les SDF mais les marginaux :

Xavier Bonnefont sur sa page Facebook
Xavier Bonnefont sur sa page Facebook © Radio France

Il a précisé les raisons de sa décision sur France Info

Le directeur de cabinet du maire n'a pas exclu d'enlever les grillages provisoirement après avoir constaté des dysfonctionnements, sans pour autant remettre en question le fondement de son initiative. il s'est exprimé dans LaCharentelibre.fr :

Nous avions plutôt prévu de les installer après les fêtes et d'y mettre dans la foulée des galets pour respecter l'aspect esthétique et minéral de la place. Nous n'excluons pas de retirer provisoirement les grilles.

Jean Guiton, l'adjoint chargé de la sécurité, avait auparavant avancé que la date de pose des grillages, veille de Noël, était fortuite, et que la mesure s'inscrivait dans un dispositif global comprenant de la vidéo-surveillance, une police municipale renforcée, et une médiation sociale auprès de SDF.

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