Alors que Jean-Luc Mélenchon répète que la France doit sortir des traités européens, nous avons demandé aux militants de la France Insoumise s'il y avait quelque chose à sauver dans l'Union européenne.

Les Insoumis réclament une "Europe sociale", mais peuvent parfois se laisser convaincre par certaines mesures prises au niveau européen (Illustration).
Les Insoumis réclament une "Europe sociale", mais peuvent parfois se laisser convaincre par certaines mesures prises au niveau européen (Illustration). © AFP / Christophe Simon

Non, les Insoumis ne sont pas anti-européens. Ils sont contre "l'Europe du capital, du marché et de la transformation de tout ce qui vit en marchandise", comme l'a dit Jean-Luc Mélenchon en meeting ce jeudi soir à Saint-Brieuc (Côtes d'Armor) aux côtés de Manon Aubry, la tête de liste de la France Insoumise pour les élections européennes. D'ailleurs, quand on pose la question aux militants, ils reconnaissent que tout n'est pas à jeter dans l'Union européenne.

La paix et la libre-circulation des personnes

"La grande idée de l'Europe, moi, je la garde : des nations unies qui évitent les conflits", explique Pascal. La paix en Europe, c'est une des premières choses mises en avant par les sympathisants de la France Insoumise. "On est quand même des privilégiés, cela fait 70 ans que l'on n'a pas eu de guerre", renchérit Nathalie. Alors que Jean-Luc Mélenchon appelle à sortir de l'OTAN, Pascal ne se dit pas opposé à l'idée d'une défense européenne : "Il ne faut pas être naïf, on a besoin de se défendre. Mais attention : ce serait une force de dissuasion uniquement pour éviter la guerre."

Pascal, sympathisant de la France Insoumise, garde ce qu'il appelle la "grande idée de l'Europe" : "Des nations unies qui évitent les conflits".
Pascal, sympathisant de la France Insoumise, garde ce qu'il appelle la "grande idée de l'Europe" : "Des nations unies qui évitent les conflits". © Radio France / Thomas Schonheere

Autre réussite de l'Union européenne plébiscitée par les Insoumis : l'ouverture des frontières et la libre circulation des personnes. "J'ai le souvenir d'un douanier espagnol mal luné qui m'a fait m'arrêter trois heures sur un parking en plein soleil parce que je n'avais pas marqué le stop", sourit Jean-Michel, enseignant dans les Côtes d'Armor. 

"Il y a plein de choses au niveau des échanges qui ont été favorisées", explique Christophe. Et dans cette catégorie, les Insoumis citent facilement Erasmus. "C'est une mesure dont a besoin aujourd'hui puisque ce qui fait la xénophobie, c'est l'ignorance, affirme Arnaud, 21 ans. Quand on va étudier à l'étranger on apprend à connaître des cultures qui ne sont pas les nôtres et à les aimer."

"Nous ne sommes pas dogmatiques"

Derrière chaque compliment, il y a quand même très souvent une critique. "Nous sommes profondément attachés à la coopération entre les peuples européens, explique Manon Aubry, la tête de liste du parti pour les élections européennes. Simplement, nous disons que l'Union européenne ne peut pas se faire sur les bases qui nous ont été proposées ces dernières années : celle du libre-échange, de l'austérité, etc."

Les Insoumis réclament une "Europe sociale" qui, selon eux, n'existe pas aujourd'hui. Comme les sympathisants du parti, mais au cas par cas, Manon Aubry peut se laisser convaincre par certaines mesures proposées au niveau européen : "La Commission a proposé de rehausser le niveau de rémunération du congé parental, mais le gouvernement d'Emmanuel Macron s'y est opposé. Mais c'était une proposition que nous soutenions ! Tour ça pour vous dire que nous ne sommes pas dogmatiques, on prend ce qui est bon à prendre."

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