[scald=216471:sdl_editor_representation]par Catherine Hornby

ROME (Reuters) - Les Italiens sont appelés aux urnes dimanche et lundi pour élire un nouveau parlement, des élections très suivies par les marchés financiers qui craignent un blocage politique susceptible de ranimer la crise de la zone euro.

La campagne pour les législatives, les sénatoriales et les régionales a pris fin vendredi soir avec les derniers meetings des têtes de liste.

L'humoriste italien Beppe Grillo et son Mouvement Cinq Etoiles (M5S) a volé la vedette à ses concurrents des partis traditionnels en rassemblant un demi-million de personnes dans le centre de Rome.

Le ministère de l'Intérieur demande aux électeurs de voter et dit avoir pris des mesures pour que le mauvais temps n'empêche personne de glisser son bulletin dans l'urne.

"Les élections sont un moment fondamental pour une démocratie et nous voulons que tous nos citoyens les vivent de la meilleure façon possible", déclare la ministre de l'Intérieur, Anna Maria Cancellieri, dans une vidéo sur le site du ministère de l'Intérieur.

Selon un sondage publié mardi, 28% environ des électeurs envisageaient de ne pas voter ou n'avaient pas encore décidé pour qui voter. Quelque cinq millions d'Italiens devaient se décider dans les derniers jours avant le scrutin.

Malgré le code électoral qui interdit toute campagne la veille du scrutin, Silvio Berlusconi s'est lancé samedi dans une nouvelle diatribe contre les magistrats, affirmant que les accusations selon lesquelles il aurait organisé des "parties fines" chez lui étaient une mascarade.

Le Cavaliere est accusé d'avoir eu des relations sexuelles tarifées avec Ruby, une jeune danseuse professionnelle marocaine alors mineure.

En Italie, les magistrats sont "plus dangereux que la mafia", a dit Silvio Berlusconi. "Ils répandent en Europe une histoire disant que j'étais ridicule, en lançant cette attaque contre moi avec Bunga Bunga, qui est une mascarade, basée sur rien."

Les derniers sondages autorisés, publiés le 8 février, donnent la gauche, qui rassemble le Parti démocrate (PD, gauche) de Pier Luigi Bersani et le SEL (Gauche, Ecologie, Liberté), de Nicola Vendola, en tête.

Avec en moyenne 34,7% des intentions de vote, elle aurait cinq points d'avance sur l'alliance de droite qui réunit le Peuple de la liberté (PDL), de l'ancien président du Conseil Silvio Berlusconi, et la Ligue du Nord, fédéraliste, influente dans des régions comme la Lombardie ou la Vénétie.

Mais les spécialistes divergent sur la capacité de Pier Luigi Bersani à former une majorité stable qui puisse poursuivre les réformes engagées par le gouvernement de "techniciens" du chef du gouvernement sortant, Mario Monti.

Les centristes de Mario Monti sont à la traîne avec 13,6% des intentions de vote.

INCERTITUDE

Le succès du mouvement contestataire de Beppe Grillo a ajouté à l'incertitude. Il est crédité de 16% environ des intentions de vote, ce qui en ferait la troisième force politique du pays.

L'issue la plus probable du scrutin sera vraisemblablement une alliance entre la gauche de Bersani et les centristes de Mario Monti.

A la Chambre des députés, les spécialistes prédisent une majorité de centre gauche. Mais au Sénat, où le mode d'élection est différent, la droite, forte de son implantation dans des régions clés, entend être assez puissante pour s'opposer à la politique d'un gouvernement dirigé par Bersani.

L'ultime meeting de Beppe Grillo contrastait nettement avec les dernières prestations des autres partis. Ainsi Silvio Berlusconi n'a pas participé à la dernière réunion électorale du PDL, arguant d'un problème à un oeil.

Pier Luigi Bersani a fini la campagne dans un théâtre de Rome et Mario Monti a tenu une réunion similaire à Florence.

Le "professeur" Monti, favori des marchés financiers, a semblé perdre du terrain au fur et à mesure d'une campagne sans éclat. Certains spécialistes estiment qu'il pourrait obtenir moins des 8% nécessaires pour avoir des sièges au Sénat dans certaines régions.

Le principal danger pour l'Italie et la zone euro serait que sorte des urnes un gouvernement faible, incapable d'agir. Certains craignent alors que la crise de la dette ne ressurgisse.

Les sondages sortie des urnes et les premières projections seront connus à la fermeture des bureaux de vote, lundi à 15h00.

Les résultats officiels sont attendus pour lundi soir ou dans la nuit de lundi à mardi.

Guy Kerivel, Henri-Pierre André et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Pascal Liétout

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