Vincent Tiberj, professeur à sciences-po, invité d'Alain Passerel, revient sur le vote des jeunes.

30% des jeunes de 18 à 24 ans ont voté pour Jean-Luc Mélenchon.
30% des jeunes de 18 à 24 ans ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. © Maxppp / Thomas Padilla

Alain Passerel : Beaucoup de jeunes ont voté Mélenchon ?

Vincent Tiberj : Beaucoup de jeunes ont effectivement voté Mélenchon. d'autres ont voté Marine Le Pen mais surtout très peu ont voté François Fillon. Ce renouvellement générationnel est en train de faire naitre une nouvelle culture politique alors qu'une autre est en train de disparaître. Celle qui disparait c'est la culture qui ressemblait à celle de François Fillon, une posture gaullienne qui se voulait centrale, verticale. Cette façon de faire de la politique cède le pas à une façon beaucoup plus critique, beaucoup plus horizontale de faire de la politique que l'on retrouve dans le camp Mélenchon mais aussi Hamon

A.P. : Qui sont "les jeunes" électeurs ?

V.T. : Entre ceux qui ont choisi Macron, Le Pen, Mélenchon ou Hamon, on est dans des univers sociaux et politiques totalement différents. Le vote Macron est un vote urbain, un vote de cadres, un vote de diplômés, un vote de classes sociales capables de gérer les changements économiques à venir. Ceux qui ont choisi Marine Le Pen sont qui vivent dans la France périphérique et sont touchés directement par les questions d'insécurité notamment sociales.

A.P. : On est dans une époque formidable ?

V.T. : On vit une époque surprenante. On est clairement dans ce que mes collègues américains appellent une "élection critique". On a eu un avant, on aura un après en terme de système partisan. On ne sait pas ce que vont devenir le PS ou les Républicains. Les moins de 50 ans votent quand il y a de l'enjeu, ils ne votent plus par devoir, ils votent par droit.

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