Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy © REUTERS/Lionel Bonaventure/Pool

La cour d'appel de Paris dira ce jeudi matin à 9h si les juges du pôle financier pouvaient écouter les appels téléphoniques entre Nicolas Sarkozy et son avocat Thierry Herzog. Une décision dont dépend le dossier pour corruption dans lequel l'ancien chef de l’État a été mis en examen le 1er juillet 2014.

Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir, par l'intermédiaire de son avocat, tenté d'influer ou du moins de se renseigner sur l'examen de son pourvoi devant la cour de cassation, quand il tentait de faire annuler la saisie de ses agendas dans l'affaire Bettencourt.

Pour bénéficier des ces informations, Nicolas Sarkozy est soupçonné d'avoir "sollicité l'influence" du haut magistrat Gilbert Azibert en 2014 par l'intermédiaire de son avocat Thierry Herzog "pour tenter d'influer sur une décision" de la cour de Cassation le concernant dans l'affaire Bettencourt. "Ou, à tout le moins, pour tenter d'obtenir des informations confidentielles". En échange, Nicolas Sarkozy aurait promis d'intervenir pour que le magistrat obtienne un poste de prestige à Monaco. Au final, l'ex-président n'a pas obtenu gain de cause, ni Gilbert Azibert le poste convoité.

Nicolas Sarkozy avait considéré la thèse des enquêteurs comme "une insulte à son intelligence" et s'était indigné de son placement en garde à vue en juillet 2014, mesure inédite pour un ex-président, et selon lui une "volonté de l'humilier publiquement".

►►► POUR EN SAVOIR PLUS | France Inter a eu accès au compte rendu de la garde à vue de Nicolas Sarkozy

Le dossier se nourrit essentiellement des conversations de Nicolas Sarkozy avec Me Herzog

En septembre 2013 le juge qui enquête sur les soupçons de financement libyen fait placer Nicolas Sarkozy sur écoute. L'ancien président, en garde à vue, ironisera :

On pensait que Kadhafi allait me téléphoner ?

Le 10 janvier 2014, le juge décide de renouveler ces écoutes pour encore quatre mois, il en informe -c'est la règle - le bâtonnier des avocats de Paris. Le lendemain, Thierry Herzog achète un téléphone portable au nom de Paul Bismuth pour appeler son client Nicolas Sarkozy.

Le 11 février 2014, dans une conversation sur leurs portables non officiels, les deux hommes conviennent de se rappeler sur la ligne officielle de Nicolas Sarkozy, qu'ils savent surveillée. L'ex-chef de l'Etat ironise sur "ces messieurs qui nous écoutent". Les policiers découvrent la manœuvre. La ligne de Paul Bismuth est écoutée aussi et là, les conversations intriguent.

Une ligne sur laquelle on parle beaucoup de Gilbert Azibert

Sur la ligne Bismuth, les deux hommes parlent de Gilbert Azibert, magistrat à la cour de cassation, qui les informerait de la procédure en cours sur la saisie des agendas de l'ancien président. Nicolas Sarkozy promet d'aider Azibert qui veut terminer sa carrière à Monaco.

Le 25 février 2014, Herzog prend l'avion pour Monaco où se trouve justement l'ancien président. A-t-il eu vent de ces écoutes compromettantes ? En tous cas leurs conversations téléphoniques changent de ton. Sarkozy déclare qu'il n'est pas intervenu en faveur d'Azibert, la principauté de Monaco le confirme.

Les investigations à la Cour de Cassation n'ont pas permis d'étayer suffisamment le dossier pour se passer des écoutes de Paul Bismuth. Les juges disposent d'autres écoutes, comme celles de Gilbert Azibert qui se voit vertement reprocher par son épouse d'être "Allé se magouiller avec Sarkozy". Gilbert Azibert a depuis quitté la magistrature. Une conversation entre Me Herzog et le magistrat est également troublante: le premier y explique au second que "la démarche à Monaco a été faite". "Oui, bah c'est sympa", répond Gilbert Azibert.

La carrière de N Sarkozy
La carrière de N Sarkozy © Radio France / idé
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