[scald=62929:sdl_editor_representation]par Giselda Vagnoni et Catherine Hornby

ROME (Reuters) - L'ancien commissaire européen Mario Monti faisait figure de favori jeudi pour succéder à Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement italien et tenter de contrer l'envolée des coûts d'emprunt du pays, une nouvelle qui a brièvement soulagé les Bourses européennes.

Cet économiste de 68 ans, ancien commissaire européenne et aujourd'hui président de l'université Bocconi de Milan, est considéré depuis des semaines par les marchés comme le meilleur candidat susceptible de diriger un gouvernement d'unité nationale et de mettre en oeuvre d'urgence les mesures d'austérité nécessaires au redressement des comptes du pays.

Dans un revirement clé jeudi, le Peuple de la liberté (PDL) au pouvoir a tempéré son insistance à organiser des élections législatives anticipées et a dit envisager l'option d'un gouvernement dirigé par Mario Monti, soulageant les marchés européens qui ont affiché un net rebond après une ouverture en baisse.

Les Bourses ont toutefois effacé leurs gains dans la matinée après des propos du ministre de l'Intérieur Roberto Maroni selon lesquels son parti, la Ligue du Nord, alliée de Silvio Berlusconi dans la coalition au pouvoir, ne soutiendrait pas un nouveau gouvernement dirigé par Mario Monti et que des élections anticipées constituaient la seule option réaliste pour le pays.

A 11h00 GMT, l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 abandonnait 0,11% mais la Bourse de Milan gagnait encore 1,57%. La Bourse de Paris était quasiment à l'équilibre, Francfort progressait de 0,5% et Londres abandonnait 0,45%.

DISCUSSIONS AU SEIN DU PDL

Le président italien Giorgio Napolitano a nommé Mario Monti sénateur à vie mercredi. Les investisseurs y ont vu le signe qu'il lui demanderait de tenter de former un gouvernement dès le départ de Silvio Berlusconi, attendu dans les prochains jours.

Et à mesure que les coûts d'emprunt à dix ans de l'Italie continuent de progresser au-delà de 7%, un seuil jugé par beaucoup intenable, l'hypothèse d'un gouvernement d'unité nationale semble gagner du terrain au sein du PDL.

"Le PDL ne peut simplement suivre l'appel aux urnes qui émane du noyau dur", a dit le ministre des Affaires étrangères Franco Frattini dans une interview au Corriere della Sera. "Il y a un intérêt national, qui passe avant tout."

Le chef de file du PDL au parlement, Fabrizio Cicchitto, a dit à Reuters que son parti discutait des deux hypothèses, celle d'élections anticipées et celle d'un gouvernement dirigé par Mario Monti, mais qu'il n'avait pas encore fait son choix.

"Il y a une discussion en cours. Nous devons décider de soutenir des élections ou bien un gouvernement de Monti", a-t-il dit à Reuters.

Rome a dû accepter jeudi un rendement de 6,087% pour des emprunts à 12 mois, un taux sans précédent depuis septembre 1997, montrent les résultats d'une adjudication de 5,0 milliards d'euros.

La directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a souligné jeudi que l'incertitude entourant le prochain gouvernement italien alimentait la volatilité des marchés et a exhorté Rome à apporter une plus grande "clarté politique".

Natalie Huet pour le service français, édité par Marc Angrand

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