En cette rentrée, la France, pays des mots reste magnifique et incorrigible. Nos ministres le sont également. Le premier d’entre eux surtout. François Fillon annonce un jour que la France est en faillite puis, quelques jours plus tard qualifie son budget de sérieux tout en restant très prudent sur les objectifs de désendettement alors que, selon l’INSEE, la dette continue d’exploser (66,6% du PIB). Les faits sont pourtant têtus : nous continuons à vivre au-dessus de nos moyens, nous continuons à vivre à crédit et la volonté de redresser la barre est reportée aux futures réformes ; sécurité sociale, retraites, modernisation du marché du travail. Imaginons qu’une entreprise en faillite se permette un nouveau trou dans ces recettes de 15 milliards d’euros. Une hypothèse peu crédible. Bien sûr la France n’est pas une entreprise. L’Etat, expliquent les économistes, a la capacité de prélever l’impôt s’il a besoin d’argent. Soit. Mais en langage politiquement incorrect cela s’appelle la rigueur. Merci à Christine Lagarde, d’avoir prononcé ce mot, tant déplacé selon certains. Les maux dont souffre la France ne sont pas nouveaux. Les mots tabous non plus. En revanche un mot nouveau est apparu cet été au grand public : « subprime ». Peut-être que ce mot aggravera les maux de notre pays. Peut-être qu’il n’en sera rien. Soyons sérieux : personne à ce jour ne le sait réellement. Ni votre banquier qui vous rassure, ni nos hommes politiques qui savent si bien jouer avec les mots.

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