drapeaux france etats-unis europe
drapeaux france etats-unis europe © MaxPPP / Alexandre Marchi

Le 13ème round des négociations du Traité transatlantique (le TTIP en anglais ou TAFTA pour ses opposants) s'ouvre aujourd'hui à New York mais les discussions semblent bloquées . Ce traité de libre-échange vise à supprimer les barrières douanières et réglementaires entre les Etats-Unis et l'Union européenne . S'il est adopté, il sera le plus grand accord commercial mondial et concernera 850 millions de consommateurs . Mais après trois ans de discussions, les réticences sont fortes. La France menace de bloquer les négociations s'il n'y a pas de progrès significatifs dans les mois qui viennent. Il y a dix jours, François Hollande a haussé le ton lors de l'émission "Dialogues citoyens" sur France 2

S'il n'y a pas de réciprocité, pas de transparence, s'il y a un danger pour les agriculteurs , si on n'a pas l'accès aux marchés publics mais que les États-Unis peuvent avoir accès à tout ce que l'on fait ici,je n'accepterai pas , a déclaré François Hollande lors de l'émission Dialogues Citoyens

Le Président de la République entend ainsi ne pas céder à une mondialisation débridée, une manière de dire qu'il sait dire non à la bureaucratie européenne, à Angela Merkel, aux États-Unis. Les blocages sont donc multiples entre L'Europe et les Etats-Unis, à commencer par l'ouverture des marchés publics américains. Le secrétaire d'État au commerce extérieur Mathias Fekl estime que c'est quasiment impossible.

Les marchés publics européens sont ouverts à plus de 90%, les marchés publics américains à moins de 50%. Après après douze tours de négociations, les résultats ne sont pas au rendez-vous , on est loin du compte. Si les négociations ne bougent pas de manière significative, nous en tirerons toutes les conséquences, déclare le secrétaire d'État au commerce extérieur

Paris et Berlin affirment vouloir un accord ambitieux , c'est toujours possible estime la commissaire européenne au commerce Cecilia Malmström "même s'il reste encore beaucoup à faire".

Pendant que ces négociations ont lieu à New-York, Barack Obama termine sa tournée européenne en Allemagne. Le président américain est à Hanovre où il rencontre Angela Merkel, François Hollande, Mattéo Renzi et David Cameron. En plus des questions diplomatique et du dossier syrien, ce traité transatlantique pourrait être abordé en Allemagne.

Signer ce traité n'est pas une priorité. Emmanuel Morel, eurodéputé socialiste.

Barack Obama va devoir séduire mais la tâche s'annonce très compliquée, d'autant plus en fin de mandat. Les dirigeants européens s'accordent à dire que le compte n'y est pas. Si les négociations n'avancent pas certains brandissent mêmela menace de quitter les négociations . D'autres envisagent un accord au rabais. "Ce n'est pas une solution", estime l'eurodéputé socialiste Emmanuel Morel.

Pour le parlementaire PS, "François Hollande aurait tout intérêt, aujourd'hui à dire que le traité n'est pas la priorité politique du pays" . Un conseil et une attitude qui ne plaisent pas du côté de Bruxelles. Si Paris, et d'autres jouent la montre dans ces négociations, il sera difficile de les reprendre ensuite.

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