Ce mardi 16 juillet, François de Rugy a annoncé sa démission sur sa page Facebook. Les réactions sont nombreuses parmi les politiques : certains se félicitent de la décision du ministre, tandis que d'autres la regrettent.

Les réactions se multiplient après l'annonce de la démission de François de Rugy
Les réactions se multiplient après l'annonce de la démission de François de Rugy © AFP / GEORGES GOBET / AFP

Depuis bientôt une semaine, les affaires autour de François de Rugy n'ont cessé de se multiplier. Édouard Philippe et Emmanuel Macron avaient apporté leur soutien au ministre de la Transition écologique pourtant celui-ci a annoncé sa démission ce mardi 16 juillet. François du Rugy se dit "trop attaché à l'écologie" pour "accepter que [notre] action écologique soit affaiblie par des mises en cause personnelles incessantes".

Dans un communiqué de l'Élysée, le président de la République a annoncé accepter la décision du ministre "pour qu'il puisse se défendre pleinement et librement". 

Les réactions ne se sont pas fait attendre de la part du monde politique. Les Verts, Les Républicains, le Parti socialiste, la France Insoumise ou le Rassemblement national, tous réclamaient la démission du ministre.

Delphine Batho qui demandait sa démission depuis le début de l'affaire se félicite du départ de François de Rugy sur franceinfo : "Pour être membre du gouvernement, on ne peut pas voir sa moralité mise en cause", explique-t-elle, avant d'ajouter qu'au XXIe siècle "il y a des comportements dans l'exercice du pouvoir qui ne sont plus acceptables".

Pour Nicolas Dupont-Aignan, député et président de Debout la France, "Rugy a enfin pris la décision qui s'imposait dès le début. Notre pays n'en peut plus de ces "affaires" et de ces dépenses indignes. Le "nouveau monde" d'Emmanuel Macron devrait enfin s'inspirer de l'éthique du général de Gaulle qui payait ses factures à l'euro près !" a-t-il déclaré sur Twitter. 

Au sein même du parti LREM, les soutiens du ministre semblaient se disperser peu à peu. D'après BFM TV, une tribune pour lui venir en aide a été partagée ce week-end parmi les membres du parti, mais n'a pas obtenu assez de signature pour être partagée. 

Comme explique à l'AFP Julien Aubert, député LR du Vaucluse et candidat à la présidence de LR, la démission de François de Rugy "était une question d'heures ou de jours. Le non-soutien de La République en marche voulait tout dire. Il a été attaqué par Mediapart, et lâché par la majorité. Même si tout le monde n'a pas compris le vrai du faux dans ce dossier, il y avait manifestement des erreurs d'appréciations."

Gilles le Gendre, chef des députés du groupe LREM a salué la décision de François de Rugy : "Je l'en remercie au nom du groupe car je sais qu'il l'a fait certainement avec beaucoup de difficultés mais aussi pour protéger notre majorité". Tout comme Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM a l'Assemblée nationale qui a déclaré sur Twitter : "Nous avons été élus sur une exigence d'exemplarité. Nous avons renforcé la transparence notamment à l'Assemblée. Nous devons continuer". 

Attendre le résultat de l'enquête 

Mais cette démission ne fait pas l'unanimité. La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye a déclaré sur BFM TV n'avoir "absolument aucune indication tendant à démontrer que François de Rugy a commis des actes qui sont contraires à la justice" avant d'ajouter que "ce n'est pas parce qu'il y a des articles, ce n'est pas parce que des médias le disent, qu'il faut le croire forcément".

Olivia Grégoire, députée LREM de la 12e circonscription de Paris se dit "partagée parce qu’il annonce sa démission avant que les résultats des investigations en cours ne soient rendus. Je crois que c’est la preuve qu’il est à bout [...] Je pense qu’il a fait de vraies choses et que c’était un bon ministre."

Invité du 6/9 sur France Inter, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno le Maire a déclaré ne pas être là pour juger François de Rugy qui "a fait un choix qui est de s’expliquer devant les Français et pour ça de reprendre sa liberté. Je pense que c’est un choix qui l’honore et je n’ai pas à juger du reste", "

Même constat pour les députés du MoDem qui déclarent qu'il "faut attendre les résultats de l'enquête". Bruno Millienne, député MoDem des Yvelines dénonce une "République de la délation".

Mediapart a contacté lundi François de Rugy concernant de nouvelles révélations. Sans réponse du ministre, le site a publié un nouvel article dénonçant l'utilisation de "son indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) pour payer une partie de ses cotisations à EELV en 2013 et 2014". Une information qui tombe mal puisque François de Rugy avait déclaré ne pas avoir payé d'impôts sur le revenu en 2015, justement grâce aux dons qu'il avait effectué au parti Europe Ecologie Les Verts.

Pour Charles de Courson, membre du parti Les Centristes, cette pratique "c’est un détournement complet.  Se servir de l’argent public pour obtenir une réduction d’impôt à titre privé, c’est moralement indéfendable."

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