[scald=96087:sdl_editor_representation]FLORANGE, Moselle (Reuters) - Les salariés d'ArcelorMittal à Florange ont commencé jeudi matin à bloquer la sortie des expéditions de produits, au moment où débutait à Paris le comité d'entreprise qui doit officialiser la prolongation de l'arrêt des deux hauts-fourneaux du site.

Quelque 150 personnes participaient à cette action décidée par l'intersyndicale CGT, CFDT, FO, CFE-CGC, a constaté Reuters.

"Vu que la direction ne veut rien entendre, nous avons décidé de taper au portefeuille", a dit à Reuters Frédéric Weber, représentant de la CFDT.

"On bloque les expéditions clients jusqu'à nouvel ordre", a-t-il ajouté.

Quelque 200 camions sortent chaque jour de l'usine mosellane, selon lui, chargés pour la plupart de bobines d'acier destinées à l'automobile, l'activité packaging (emballage) tournant au ralenti depuis plusieurs mois.

Une première information parvenue dans la matinée du comité central d'entreprise, qui se déroulait au siège français du groupe, à La Plaine-Saint-Denis, en région parisienne, a confirmé l'arrêt des hauts fourneaux au deuxième trimestre.

La direction aurait également annoncé que Florange serait dorénavant alimentée en acier brut non plus par Dunkerque mais par des matières premières en provenance d'Allemagne, de Pologne et de Belgique.

CHÔMAGE PARTIEL

Les syndicats de Florange ont débuté lundi une série d'actions, à commencer par l'occupation des bureaux de la direction, pour obtenir d'ArcelorMittal un engagement à redémarrer les hauts fourneaux.

L'un est éteint depuis juillet dernier, l'autre depuis le mois d'octobre.

La prolongation de leur mise à l'arrêt au deuxième trimestre, ajoutée aux difficultés actuelles du packaging, se traduira par des mesures de chômage partiel pour la moitié des 5.000 salariés, dont 2.000 intérimaires et sous-traitants.

Les syndicats, qui craignent un arrêt définitif de la filière liquide en Lorraine, souhaitent également interpeller les politiques à quelques semaines de l'élection présidentielle.

"On fera tout pour que Florange rouvre", a dit Nicolas Sarkozy, mardi, lors d'un déplacement en Charente-Maritime.

Les syndicats ont accueilli ces propos avec scepticisme et réclamé des engagements concrets.

Ils n'ont pas oublié l'engagement du président de la République, le 4 avril 2008, à faire "tout son possible" pour empêcher la fermeture d'une partie des installations de l'usine de Gandrange, un site d'ArcelorMittal voisin où travaillaient 1.100 personnes.

Les équipements concernés, dont une aciérie avaient pourtant fermé, entraînant avec eux la disparition de 575 emploi.

Vincent Kessler, avec Gilbert Reilhac, édité par Patrick Vignal

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