Quelque 80 élus locaux de gauche se réunissent ce samedi au Sénat sous la bannière "Les territoires en colère". Ils veulent lancer un cri d'alarme contre un exécutif qu'ils jugent "technocratique" et plus attachés aux grandes métropoles qu'à la "France périphérique".

C'est au Palais du Luxembourg, qui abrite le Sénat, que les "territoires en colère" se réunissent ce samedi
C'est au Palais du Luxembourg, qui abrite le Sénat, que les "territoires en colère" se réunissent ce samedi © AFP / Lionel Bonaventure

Villes moyennes sinistrées, communes rurales, quelques villes de banlieues aussi : ils sont environ 80 élus locaux de gauche, dont beaucoup d'anciens soutiens d'Arnaud Montebourg, à se réunir se samedi au Sénat pour les premières assises des "Territoires en colère". Ces territoires sont les laissés pour compte de la mondialisation, qui s'expriment et se rassemblent sous une même bannière. 

"C'est une France périphérique qui perd de sa substance déjà au niveau de l'emploi, qui perd sa substance industrielle, avec une crise rurale", déplore François Kalfon, initiateur de ce mouvement. Il précise : "Vous ajoutez à cela _un pouvoir qui affiche une espèce de fierté de la start-up nation, pro-business_, et qui pratique des coupes claires dans les budgets, vous avez un cocktail explosif". 

Ces élus disent "On est en train de crever"

Parmi les participants, Gilles Noël, maire de Varzy, une ville de 1 500 habitants dans la Nièvre, lui aussi ancien soutien d'Arnaud Montebourg : "Le territoire perd de la matière grise qui était dans les services publics ; c'est un peu la lutte contre l'obsolescence programmée de nos territoires ruraux", explique-t-il. Une obsolescence programmée qui va de pair avec une montée dangereuse des populismes : "On voit bien que le sentiment d'abandon et le vote des extrêmes sont très intimement liés", lâche Wilfried Schwartz, maire de La Riche, en périphérie de Tours.

Au-delà de la colère, et après cette première réunion au Sénat, le mouvement promet de plancher sur 50 propositions dans un délai de six mois, pour que la France qui gagne contribue véritablement à relever celle qui s'enlise. 

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