Lors de ses vœux du 31 décembre, le président a formulé trois vœux pour les Français : un vœu "de vérité", un vœu de "dignité' et un vœu "d'espoir" tout en disant ressentir "une colère" qui venait de loin.

 Emmanuel Macron s'est adressé aux Français ce 31 décembre à 20h
Emmanuel Macron s'est adressé aux Français ce 31 décembre à 20h © capture d'écran

Sans jamais prononcer le mot "gilets jaunes", c’est bien à eux qu'Emmanuel Macron s'est adressé durant les 16 minutes qu'ont duré ses vœux aux Français. 

Le chef de l'État a bien noté "la colère qui a éclaté". Une colère tournée selon lui "contre les injustices, le cours d'une mondialisation parfois incompréhensible, un système administratif devenu trop complexe et manquant de bienveillance et les changements profonds qui interrogent notre société sur son identité et son sens." Une colère qui, pense- t-il, montre que :

Nous ne sommes pas résignés.Telle est à mes yeux la leçon de 2018

Pour Emmanuel Macron "nombre de transformations qu'on pensait jusqu'alors impossible ont été menées à bien". Le président vante les réformes menée jusqu'ici et en annoncé d'autres : "l'assurance chômage", la "retraite" et la "fonction publique" pour "bâtir les nouvelles sécurités du XXIe siècle."

"Vœu de vérité" 

"On ne bâtit rien sur des mensonges" rappelle Emmanuel Macron, qui demande que les Français cessent de se "déconsidérer ou de faire croire que la France serait un pays où les solidarités n'existent pas et où il faudrait dépenser toujours davantage." Pour le Chef de l'État, la France se complaît "dans un déni parfois flagrant de réalité. On ne peut pas travailler moins et gagner plus. Baisser nos impôts et accroître nos dépenses. Ne rien changer à nos habitudes et respirer un air plus pur."  

Cessons de nous déconsidérer

Après avoir appelé les Français à plus de réalisme, après leur avoir demandé de comparer notre mode de vie avec celui de pays où santé et école ne seraient pas gratuits, le président met ses concitoyens contre les "fake news" et leur enjoint de "se préserver des fausses informations, des manipulations et des intoxications" car, explique Emmanuel Macron :

On peut débattre de tout, mais débattre du faux peut nous égarer (...) Il est indispensable de rebâtir une confiance démocratique dans la vérité de l'information

"Voeu de dignité"

Emmanuel Macron considère que le gouvernement a commencé à apporter des réponses aux "mères de familles élevant seules leurs enfants et ne parvenant pas à finir le mois", aux "agriculteurs" ou aux "retraites modestes", mais convient qu'il "faudra aller plus loin". Pourtant le président ne parle que de meilleure éducation et de "devoirs" en échange des "droits" et de "sens de l'effort", alors que les Français pouvaient espérer que le mot "dignité" s'accompagne de nouvelles annonces liées au pouvoir d'achat.

À la revendications du RIC, le référendum d'initiative citoyenne, le président répond "grand débat national" pour que "chacun se sente acteur de la vie de la Nation".

Aux "quenelles", aux menaces contre les élus, aux débordement constatés lors de certaines manifestations des "gilets jaunes", Emmanuel Macron répond que "l'état de droit, l'ordre Républicain sera assuré sans complaisance", pour éviter qu'"une foule haineuse s'en prenne aux élus, aux forces de l'ordre, aux journalistes, aux Juifs, aux étrangers, aux homosexuels."

"Voeu d'espoir"

"Espoir en nous mêmes, comme peuple, espoir en notre avenir commun, espoir en notre Europe". Tout est dit dans cette phase, le président mélangeant "la maîtrise du quotidien et du destin pour ne plus subir" à laquelle les Français aspirent, selon lui, et "le projet européen renouvelé", qu'Emmanuel Macron va proposer aux Français dans les prochaines semaines, se jetant déjà dans la mêlée des prochaines élections européennes de mai.

"Je suis au travail, déterminé à mener tous les combats" termine Emmanuel Macron, empruntant un ton volontairement offensif.  Il écrira "dans quelques jours" aux Français, afin de préciser les contours du grand "débat national". Espérant certainement que ce grand débat lui permette de démarrer 2019 sous de meilleurs auspices.

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