Patrick Balkany à l'Assemblée nationale
Patrick Balkany à l'Assemblée nationale © MaxPPP/Wostok Press/Francois Lafite

Le bureau de l'Assemblée nationale a levé mercredi l'immunité parlementaire de Patrick Balkany, député-maire UMP de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine), comme l'avaient demandé les juges du pôle financier.

Ces derniers ont mis en examen Patrick Balkany, un proche de Nicolas Sarkozy, le 21 octobre dernier pour corruption passive, blanchiment de corruption et blanchiment de fraude fiscale. Son épouse Isabelle a été mise en examen le 22 mai dernier pour blanchiment de fraude fiscale.

Patrick Balkany n'a pas tardé à réagir par le biais d'un communiqué :

Ce que la justice veut, c'est imposer un contrôle judiciaire au député-maire de Levallois-Perret. Les juges Renaud van Ruymbeke et Patricia Simon veulent notamment que Patrick Balkany leur remette son passeport et ne puisse pas quitter le territoire français. Ce qui est inhabituel c'est que les juges ont attendu six mois, depuis la mise en examen du député UMP, pour demander cette levée d'immunité.

Les magistrats souhaitent pouvoir interdire à Patrick Balkany d'entrer en contact avec certains protagonistes du dossier. L'élu n'y verrait pas d'inconvénient. Mais plus embêtante pour lui serait l'obligation de remettre son passeport et l'interdiction de voyager à l'étranger, car Patrick Balkany est membre de la commission des affaires étrangères.

L'enquête vise aussi Isabelle Balkany

Les juges soupçonnent Patrick Balkany et sa femme Isabelle d'être les véritables propriétaires, à l'insu du fisc, de deux villas où ils résident régulièrement, à Saint-Martin aux Antilles et à Marrakech. Ils cherchent aussi des sources de revenus occultes, comme des commission sur des contrats en Afrique.

Le cas de Patrick Balkany est aussi étudié par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Si elle estime que ses déclarations de patrimoines n'étaient pas sincères, elle pourrait faire un signalement à la justice comme elle l'a fait récemment pour le sénateur Serge Dassault. La sanction créée par la loi d'octobre 2013 prévoit notamment une peine d'inéligibilité.

Le bureau du Sénat a, quant à lui, levé mercredi l'immunité parlementaire du sénateur du Gers Aymeri de Montesquiou (UDI-UC), dans le cadre de l'enquête sur des soupçons de commissions perçues en marge de contrats conclus avec le Kazakhstan.

"C'est moi qui ai demandé la levée de mon immunité, parce que le dossier est complètement vide", a aussitôt réagi le sénateur du Gers. Aymeri de Montesquiou avait été le représentant de Nicolas Sarkozy en Asie centrale.

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