La candidate socialiste l'emporte avec 227 voix d'écart face à l'écologiste Stéphane Baly.

Martine Aubry en train de voter dans son fief de Lille.
Martine Aubry en train de voter dans son fief de Lille. © AFP / François LO PRESTI

C’est "un immense bonheur", a déclaré ce dimanche Martine Aubry, réélue maire de Lille, avec seulement 227 voix d’avance sur l’écologiste Stéphane Baly. "Il y a tant de chose encore à faire dans cette ville avec cette magnifique équipe, tous les militants, les Lillois qui nous font confiance".

Avec cette victoire sur le fil, Martine Aubry dit aussi avoir "entendu le message, partout en France, sur la nécessité de la transition écologique. C’est ma conviction. Croyez-bien que nous tous ici, je le dis particulièrement à Stéphane Baly et ses colistiers, nous n’oublierons pas ce qu’on dit les 39% des Lillois qui ont voté pour eux".

Un premier tour serré

À Lille, ils étaient trois candidats à jouer des coudes pour émerger gagnant de ce second tour. Martine Aubry, indéboulonnable maire depuis 2001, était arrivée en tête au premier, avec 29.8% des suffrages. Suivait l’écologiste Stéphane Baly, avec 24.5%, et Violette Spillebout (17,5%), ex-directrice de cabinet de Martine Aubry passée en 2017 dans le giron de La République en Marche.

Autrement dit : la candidate PS, séparée de son rival direct de cinq points seulement, se savait menacée. D’autant plus qu’un sondage Ifop pour la Voix du Nord, réalisé à dix jours des municipales, réduisait ce déjà maigre écart à peau de chagrin : 39% et 37% d’intentions de vote respectivement pour Martine Aubry et Stéphane Baly.

Pas d'alliance entre le PS et les Verts, une première depuis 1977

L’emblématique maire du beffroi était donc dans une situation épineuse, et inédite : elle avait mis fin à une alliance entre le Parti Socialiste et les Verts, qui remontait pourtant à Pierre Mauroy, en 1977. En cause : des divergences inconciliables sur des sujets de fond comme la publicité, la vidéosurveillance et les logements… 

Depuis la reprise de la campagne après le confinement, écolos et socialistes s’écharpaient pour savoir à qui revenait l’échec de ces négociations. Rupture et lutte d’autant plus brutales que les deux camps étaient alliés dans l’actuelle mandature. "Nous étions prêts à faire des compromis mais il n'y avait personne de l'autre côté de la table", dénonçait l'écologiste Stéphane Baly, en prévoyant un "naufrage en solitaire" pour la maire, privée de Verts : "Nous étions ses derniers amis, elle n'a plus autour d'elle qu'un carré de fidèles aveuglés au service d'un pouvoir extrêmement concentré."

La droite, soutien surprise d'Aubry

Un soutien inattendu s'était néanmoins présenté à Martine Aubry : la droite lilloise (8.2% de voix au premier tour) avait appelé le 18 juin à voter pour elle, après que Violette Spillebout, LaREM, a refusé une alliance. Tout en appelant à voter Aubry, Thierry Pauchet, chef de file divers droite et colistier du candidat Les Républicains, avait aussi mis en garde contre une victoire des Verts, qu’il qualifiait de "fous furieux". Une triangulaire tendue jusqu'au bout donc, avec comme arbitre officiellement neutre La France insoumise (8,85% des suffrages le 15 mars dernier).

Une bataille acharnée que Martine Aubry n’avait pourtant pas prévu de mener, tout du moins du départ. À la suite de sa réélection en 2014, elle avait ainsi assuré qu’elle ne se représenterait plus, puis avoir "beaucoup hésité" avant de briguer cet ultime mandat. 

Mercredi, lors d'une conférence de presse, l'élue de 69 ans avait défendu son bilan et sa candidature, estimant être la seule candidate du second tour à avoir "l'expérience, les réseaux et les idées", pour "passer la récession qui s'annonce", à la suite de la pandémie de Covid-19. Elle avait en outre souligné le "travail immense" accompli par son équipe au cours de la crise sanitaire, auprès des "Lillois, restaurateurs, commerçants, associations", des SDF ou encore des seniors.

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