L’Association des maires de France vient de publier, à la veille de l’ouverture de leur Congrès, porte de Versailles à Paris, une étude réalisée avec le Cevipof. Elle révèle qu’un maire sur deux ne souhaite pas se représenter en 2020, par manque de moyens et de pouvoirs pour répondre aux exigences des citoyens.

Fronton de l'Hôtel de Ville de Paris
Fronton de l'Hôtel de Ville de Paris © AFP / Joel Saget

Dépossédés de leurs prérogatives, résignés, démunis... Les maires de France n'ont pas le moral, à en croire l'étude réalisée avec le Cevipof qu'a publiée la semaine dernière l'Association des maires de France (l'AMF)

À la veille de l'ouverture de leur Congrès, ce mardi porte de Versailles à Paris, l'AMF révèle qu'un maire sur deux ne souhaite pas se représenter en 2020. Une baisse drastique, alors qu'en 2014, 60 % des maires sortants ont été réélus.

Les raisons pour lesquelles les maires jettent l'éponge sont diverses. Ces élus entendent privilégier leur vie personnelle et familiale, mais ils sont aussi découragés par la Loi NOTRe et la perte de compétences et de moyens de la mairie au profit des communautés de communes.  75 % des maires interrogés voient négativement les changements induits par cette loi et 68 % d'entre eux désapprouvent la réorganisation des services déconcentrés de l'État.

"La démocratie locale en péril"

Cette réorganisation semble peser fortement sur les élus, qui considèrent, pour 80 % d'entre eux, que l'intercommunalité exerce une forte influence sur leur commune, alors que seuls 25 % des maires pensent que l'inverse est également vrai.

Résultat, ces maires, alors qu'ils sont les représentants politiques qui bénéficient du plus fort niveau de confiance des Français, se retrouvent sans la possibilité de répondre aux demandes de leurs citoyens, des citoyens de plus en plus exigeants à mesure que leur niveau de taxes augmente.

La situation est grave, estime l'enquête, car elle "met en péril le bon fonctionnement d'une démocratie locale".

À l'image de ces maires découragés, Jean-Noël Moisset, qui dirige le conseil municipal de Survilliers, dans le Val d'Oise. Cet élu sans étiquette a vu son budget diminuer de 20 % depuis sa réélection en 2014 et estime ne plus avoir les moyens de contenter ses concitoyens.

1 min

En 2020, Jean-Noël Moisset ne se représentera pas.

Par Maxence Lambrecq
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.