Les députés doivent adopter définitivement ce mercredi la loi sur la confiance dans la vie politique. Mais les citoyens n'ont pas attendu ce texte pour surveiller les élus.

Les citoyens analysent déjà depuis longtemps la participation des élus et leurs centres d'intérêt.
Les citoyens analysent déjà depuis longtemps la participation des élus et leurs centres d'intérêt. © AFP / Thomas SAMSON

L'ultime vote du projet de loi organique sur la confiance dans la vie publique a lieu ce mercredi, avant la pause estivale des sessions parlementaires. Un texte dont le premier volet a déjà été adopté jeudi dernier par le Parlement, mais dont la seconde partie, comprenant notamment le maintien ou la suppression de la réserve parlementaire, laisse les parlementaires divisés.

Présence, participation aux débats sont scrutés par les citoyens

Ce projet de moralisation de la vie politique survient après les affaires qui ont ponctué la campagne électorale présidentielle. Mais pour les citoyens, la question de la confiance envers leurs élus date de bien plus longtemps. Plusieurs initiatives de vigilance citoyenne existent depuis quelques années, dont les sites internet nosdeputes.fr et nossenateurs.fr, crées en 2009 et gérés par une équipe d'une dizaine de personnes.

Chaque semaine, en utilisant l'open data, c'est-à-dire les données qui sont mises à disposition publiquement par le gouvernement et les instances publiques, David Gayou et ses collègues scrutent les activités des élus, leur présence à l'Assemblée ou au Sénat, leurs interventions et les amendements proposés. "Notre objectif, explique le co-administrateur des sites, c'est de fournir suffisamment d'informations à chacun des citoyens pour qu'il puisse y avoir une vraie démocratie et un vote sur des choix éclairés."

nosdeputes.fr incite aussi à interpeller les élus lors des différents travaux parlementaires et textes de loi, en profitant "de l'expertise" de chacun. C'est l'initiative que souhaitent promouvoir David Gayou et ses amis : que chacun apporte ses connaissances sur les sujets qu'il maîtrise.

Recherche de conflits d'intérêt

Mais la confiance ne s'arrête pas à la participation à l'Assemblée. Tris Acatrinei, juriste et consultante en sécurité informatique, consacre dix heures par jour au "projet Arcadie". La jeune femme utilise ses compétences numériques pour récupérer et trier des données de masse grâce à des robots et mettre en évidence les liens qui pourraient s'avérer importants entre les élus et le secteur privé. Elle a notamment constitué sa propre base de données des élus en répertoriant certaines données publiques, telles que la profession des élus, les secteurs d'intérêt, les autres mandats effectifs ou passés...

Elle déplore qu'il n'existe aucune base de donnée publique sur les partis politiques, ce qui contribue à maintenir certaines dérives aujourd'hui décriées par l'opinion publique.

Ces scruteurs de parlementaires souhaiteraient aussi répertorier qui a voté quoi, mais veulent surtout mettre en évidence un aspect important du texte de loi sur la confiance dans la vie publique : le projet est trop timide, alors que les citoyens ont une vraie demande de transparence des élus.

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