Manuel Valls reçoit les syndicats et le patronat à l’Élysée pour évoquer la loi Travail, votée mardi au Sénat et à quelques jours de son nouveau passage à l’Assemblée

Manuel Valls ne veut pas de négociations
Manuel Valls ne veut pas de négociations © Maxppp / Thomas Padilla/MAXPPP

La manoeuvre est délicate pour le Premier ministre, puisqu'il s'agit de sortir de ce conflit par le haut : Manuel Valls recevait mercredi les différents syndicats : Philippe Louis, de la CFTC, Laurent Berger, leader de la CFDT, mais aussi Philippe Martinez (CGT) et Jean-Claude Mailly (FO), tous conviés dans son bureau pour faire un point sur la loi Travail, qui a suscité une douzaine de journées de manifestation en l'espace de quatre mois. Il s’entretiendra ensuite le lendemain avec les principaux représentants du patronat.

Le gouvernement tente le compromis 

Pour tenter d'arrondir les angles de ce dossier épineux, Myriam El Khomri, la ministre du Travail, avait auparavant assuré dans un entretien au journal Le Monde que le gouvernement allait déposer de nouveaux amendements à la dernière mouture en date du texte sur la loi Travail, notamment pour "réaffirmer le rôle de la branche", mais aussi celui des partenaires sociaux, dans l'élaboration des nouvelles normes en terme de marché du travail.

Ce que nous proposons ne modifie en rien l'importance que nous souhaitons donner à l'accord d'entreprise, mais réaffirmera le rôle de la branche (Myriam El Khomri, dans Le Monde)

Les trois amendements conjoints du gouvernement et du rapporteur du texte, le député socialiste Christophe Sirugue, sont d'ailleurs pour partie inspirés de propositions de la CFDT. C'est le cas d'un amendement qui laisse aux partenaires sociaux le soin de définir dans les branches professionnelles les thèmes pour lesquels un accord d'entreprise ne pourra pas déroger à un accord de branche, dans tous les cas où la primauté de l'accord d'entreprise n'est pas spécifiée par la loi.

Jean-Claude Mailly, le leader de FO, avant sa rencontre avec Manuel Valls ce mercredi, vait déjà affirmé qu'il avait obtenu des garanties du gouvernement que les branches professionnelles continueront de primer dans une série de domaines. "Nous obtenons, a priori, que, sur toute une série de thèmes, la branche, demain, sera confirmée comme le niveau de négociation", a-t-il déclaré, citant "les salaires, les classifications, la formation professionnelle, la prévoyance, l'égalité professionnelle et la pénibilité".En revanche, "ce qui est négatif, c'est que les heures supplémentaires, le travail de nuit et le temps partiel continuent de relever de l'entreprise", a-t-il poursuivi. Pour FO, "cela reste un point bloquant aujourd'hui". Pour l'article 2 de la loi Travail reste "un totem à abattre".

Nouvelle menace du 49-3 ?

Ces nouvelles rencontres bilatérales, les premières depuis début mars, avaient lieu alors que la nouvelle mouture de la loi Travail a été votée mardi au Sénat et qu’elle doit à nouveau passer à l’Assemblée à partir du 5 juillet. La CGT a déjà prévenu que de nouvelles actions seraient menées ce jour-là, tandis que Philippe Martinez de la CGT a évoqué, en parlant de ces rencontres à l'Élysée, "une journée pour rien, qui n'a servi à rien" (...)"Les désaccords se confirment puisque nous n'avons toujours pas les réponses" a-t-il poursuivi.

Le gouvernement, lui, n’exclut pas de recourir une nouvelle fois à l’article 49-3 pour voter le texte remanié. "Le 49.3 n'est pas un passage en force", affirme Myriam El Khomri dans son entretien au journal Le Monde.

Manuel Valls conserve pour autant sa posture de fermeté : ces entretiens ne sont pas considérés par le Premier Ministre comme "la réouverture d'un cycle de négociations", quand François Hollande a déjà rappelé qu’il irait "jusqu'au au bout" de cette réforme sociale.

Jeudi, le planning de l’après-midi sera tout aussi serré pour recevoir à l’Élysée les différents représentants du patronat :  la CFE-CGC, le Medef, la CGPME, et l’UPA.

Les détracteurs de la loi Travail, CGT et FO en tête ont encore de fortes attentes sur ce dossier de la loi Travail, alors que les syndicats ont été à l’origine d’une douzaine de journées de grèves et de manifestations depuis le mois de mars (dont la dernière a rassemblé entre 64.000 et 200.000 personnes mardi 28 juin).

Manifestation contre la loi Travail : la mobilisation du 28 juin
Manifestation contre la loi Travail : la mobilisation du 28 juin © Radio France / Visactu
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