Ce samedi Marine Le Pen est en meeting à Perpignan, sur les terres de son compagnon. A 47 ans, le vice-président du Front national est un pur produit du parti.

Louis Aliot, en décembre 2015 lors d'un meeting à Beziers
Louis Aliot, en décembre 2015 lors d'un meeting à Beziers © AFP / Pascal Guyot

Il fait partie de ceux qui ont "chauffé" la salle, ce samedi, devant les militants venus écouter Marine Le Pen à Perpignan, la ville dont il est conseiller municipal. Une occasion rare : même s'il est le compagnon de la candidate, et donc potentiel co-locataire de l'Elysée, Louis Aliot se tient plutôt en retrait de la campagne présidentielle.

Louis Aliot n'est pas un homme de l'hombre (il répondait notamment au questions de Patrick Cohen sur France Inter début avril), mais un homme discret, voire secret. Contrairement à d'autres cadres du Front national, il est un pur produit du FN. Sa mère était sympathisante, lui a rejoint le parti en 1990, à l'âge de 20 ans.

Jamais trop loin... ni trop près

Grand admirateur de Jean-Marie Le Pen, il a défendu ce dernier lors de la scission du parti avec Bruno Mégret. Bien qu'il soit convaincu par l'impératif de dédiabolisation du Front national, ses liens personnels forts avec le cofondateur du parti l'ont notamment empêché, à l'été 2015, de voter l'exclusion du patriarche, pourtant réclamée par Marine Le Pen.

En réalité, Louis Aliot a toujours su se tenir à bonne distance du clan Le Pen : assez proche du "menhir" Jean-Marie Le Pen pour devenir son chef de cabinet dans les années 2000 puis secrétaire général du parti en 2005 et vice-président en 2011, mais assez loin pour ne jamais apparaître comme une menace pour lui. Assez proche aussi de Marine Le Pen pour devenir son compagnon, mais assez distant pour ne pas se faire écarter comme les précédents élus.

Perpignan avant tout

La recette de cette délicate alchimie, ce fils de pied-noir amateur de rugby la trouve dans ses racines : le Languedoc-Roussillon, là où est arrivée sa mère rapatriée d'Algérie, là où il est devenu professeur de droit public, là où il a bâti son engagement frontiste. C'est dans cette circonscription également ("'Sud Ouest") qu'il a été élu député européen en 2014.

C'est aussi là qu'il a su développer l'ancrage local du parti depuis une décennie, dans des villes comme Toulouse et surtout Perpignan, où il est conseiller municipal... et qu'il se verrait bien conquérir, loin du tumulte national, après avoir emmené le FN à la deuxième place dans le département des Pyrénées-Orientales au dernières régionales. En février dernier, Louis Aliot a promis qu'il quitterait la politique nationale "pour [se] consacrer à Perpignan" à plein temps si

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