Mardi après-midi, le projet de loi bioéthique doit être adopté, en première lecture, à l'Assemblée nationale avant un examen par le Sénat. Les opposants à la réforme prévoient de continuer à défiler. Sauf que les dates de leurs cinq prochaines mobilisations tombent sur des journées mondiales

Un autocollant anti PMA recouvrant un graffiti LGBT boulevard Montparnasse lors de la manifestation "Marchons enfants" contre la PMA organisée par La Manif pour tous.
Un autocollant anti PMA recouvrant un graffiti LGBT boulevard Montparnasse lors de la manifestation "Marchons enfants" contre la PMA organisée par La Manif pour tous. © AFP / Wladislas AULNER / Hans Lucas

Sans le moindre suspens, le projet de loi bioéthique devrait être voté à l’Assemblée nationale en première lecture mardi après-midi. A une large majorité puisque la plupart des élus de gauche voteront avec les marcheurs, et qu’un tiers des élus LR devraient s’abstenir ou même voter pour.

Néanmoins, le texte n’a pas terminé son parcours législatif et l’histoire ne s’arrête pas là. Le projet de loi doit maintenant être examiné par le Sénat, avant de revenir à l’Assemblée au printemps. Pendant ce temps, dans la rue, les opposants vont continuer de défiler. 

Trois manifestations polémiques

Principale organisation opposée à la PMA pour toutes les femmes - mesure phare du projet de loi -, La “Manif pour tous” a annoncé début octobre l’organisation de cinq nouvelles journées de mobilisations jusqu’en juin : le 1er décembre, le 19 janvier, le 8 mars, le 17 mai et le 17 juin. 

Trois de ces dates font aujourd’hui polémique puisqu’elles tombent toutes les trois en même temps que des journées mondiales : de la lutte contre le Sida le 1er décembre, puis des droits des femmes le 8 mars et enfin de lutte contre l’homophobie le 17 mai

Un choix délibérément crasse et indigne” dénoncé par Urgence Homophobie et de très nombreux internautes qui ont pointé du doigt ces correspondances de calendrier.

La présidente de la Manif pour tous, Ludovine de la Rochère, plaide “non-coupable”. “Ce que nous avions en tête c'était le calendrier parlementaire” assure-t-elle à France Inter. “Par ailleurs, il est tout à fait cohérent de se mobiliser pour le respect des droits de la femme c’est à dire la pratique des mères porteuses qui exploite des femmes à l’évidence. Quant aux autres journées internationales, bien sûr nous aurions dû regarder”, poursuit-elle. 

Ajoute de l’interdiction de la pratique des mères porteuse ?

L’association cherche à accentuer la pression sur les sénateurs qui doivent mettre en place une commission spéciale bioéthique. Mais la chambre haute ne prend pas le chemin d’un retour sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules. 

En revanche, la droite sénatoriale compte bien annuler son remboursement par la Sécurité sociale et introduire dans ce texte l’interdiction formelle de la pratique des mères porteuses. En maintenant la pression, les opposants espèrent que l’Assemblée n’osera pas revenir dessus au printemps quand le projet de loi reviendra au Palais Bourbon en seconde lecture. 

Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.