Une nouvelle campagne démarre, cinq semaines avant le second tour des municipales dans 5 000 communes. 16 millions de Français seront appelés à se prononcer. Quelles sont les villes dans lesquelles le suspense demeure ? Où la campagne s'annonce passionnante ?

Quelles sont les villes à enjeux pour le second tour des municipales ?
Quelles sont les villes à enjeux pour le second tour des municipales ? © Radio France / Xavier Demagny

Le second tour, enfin. Dans plus de 30 000 villes ou villages de France, les conseillers municipaux ont pu être élus dès le premier tour, mi-mars, et entrent en fonction peu à peu, depuis samedi. Mais les citoyens d'environ 5 000 communes attendaient encore de se rendre aux urnes une seconde fois pour trancher. Cela se fera le dimanche 28 juin, date que l'exécutif a choisie vendredi, selon les préconisations du Conseil scientifique et après avoir consulté les principaux partis politiques. L'échéance, qui tombe plus de trois mois après la date initialement prévue, devra toutefois être confirmée ou non deux semaines avant le scrutin selon la situation sanitaire. 

Un second tour qui se déroulera de toute façon dans des conditions particulières, contraint par les gestes barrières et la distanciation physique qu'il faudra encore absolument respecter. Mais qui se déroulera quand même et avec, in fine sur le plan politique, ses gagnants et ses perdants.  

Une trentaine de villes où tout peut se passer

Il n’y a que six grandes villes, de plus de 100 000 habitants, qui ont déjà reconduit leur maire : Reims, Angers, Cannes, Toulon, Caen et Boulogne-Billancourt. 

Dans beaucoup d’autres, le premier tour a déjà planté le décor. La gauche part plutôt sereine à Paris, Lille, Nantes, Rennes, Le Mans, Dijon, Clermont-Ferrand, Grenoble, Avignon. La droite ne craint pas grand-chose à Nice, St-Etienne, Limoges, Nîmes, Montauban, Rueil-Malmaison. 

Mais dans une trentaine de villes, aux quatre coins de l'hexagone, tout est encore possible. Ici et là, cette campagne s’annonce âpre, disputée, médiatisée et ce sont les écologistes qui jouent bien souvent les trouble-fêtes. Voici donc les 27 communes où une bataille politique doit se jouer, où un maire sortant est menacé, où une alliance surprise peut arriver. Les candidats ont jusqu'au mardi 2 juin pour fusionner leurs listes et cela peut tout bouleverser.

Notre carte de France du second tour

Nous avons analysé les résultats de tous les chefs-lieux de département et des villes de plus de 40 000 habitants, en métropole. Lorsque vous cliquez, ci-dessous, sur l'un des pictogrammes, la carte affiche le nom du ou de la maire sortant.e, les principaux résultats du premier tour et l'enjeu du second tour. 

Les écologistes en force

Au total, sept grandes villes sont susceptibles de rejoindre Grenoble dans la "galaxie verte" : 

  • Marseille : l’héritière de Jean-Claude Gaudin, Martine Vassal, est arrivée derrière Michèle Rubirola, qui vient de recevoir le soutien de son ancien parti : EELV ;
  • Lyon : Gérard Collomb semble en fin de règne. Son candidat pour la Ville n'est arrivé que troisième et le tableau est tout aussi sombre dans la métropole ;
  • Bordeaux : le successeur d’Alain Juppé, Nicolas Florian, n’a pas encore convaincu, il réalise le même score (34 %) que son adversaire écolo,  recevra-t-il le soutien du candidat LREM ?
  • Toulouse : le maire, Jean-Luc Moudenc, bénéficie des soutiens de LR et En Marche et cela a peut-être galvanisé les forces de gauche. En cas de duel, et donc d'accord à gauche, ce sera très difficile pour lui ;
  • Strasbourg : si la candidate écolo reçoit le soutien de Catherine Trautmann, et donc du PS, la capitale alsacienne risque de passer du rose au vert ;
  • Besançon : la candidate EELV, Anne Vignot, arrive sur ce second tour avec 8 points d'avance sur son principal adversaire ; 
  • Tours : le candidat écolo a créé la surprise, en devançant de 10 points le maire sortant, qui pourrait se sauver en s'alliant avec le candidat LREM.

Des villes, thermomètres du pays

Ce second tour des élections municipales sera, en tous points, inédit mais permettra, sans doute, de prendre la température du pays. L'élection parisienne sera très suivie, très commentée, mais il y a aussi toute une kyrielle de communes où la politique reprend ses droits, en ce moment, et où il sera pertinent de regarder. 

  • Le Havre : le Premier ministre joue son avenir, en duel, face à un député communiste. Sa "prudence", son "humilité" dans la gestion de la crise pourrait l'avantager alors qu'il était en difficulté le 15 mars dernier à cause notamment de la réforme des retraites.
  • Saint-Denis : un nouveau bastion dans la ceinture rouge que le PCF pourrait perdre. L'ancien député socialiste, Mathieu Hanotin, a pris une longueur d'avance, 11 points.
  • Perpignan : le candidat du RN, Louis Aliot, a rassemblé, au premier tour, près de deux fois plus d'électeurs que le maire sortant LR, Jean-Marc Pujol.
  • Arles : l'ancien journaliste de France Télévisions, Patrick de Carolis, a réussi son entrée dans l'arène. Il fait figure du favori. 
  • Orléans : la bataille continue entre l'ancien et le nouveau maire, Serge Grouard (LR) face à Olivier Carré (LREM). 
  • Montpellier : les écolos étaient en passe de l'emporter, ils se sont divisés, terminent sous les 10%, mais Philippe Saurel n'a, pour autant, pas encore sauvé son fauteuil, talonné par le candidat du PS.

Ce second tour des municipales nous offrira aussi de bons vieux duels gauche-droite (à Quimper, St-Ouen, Aurillac), une guerre des gauches, à La Rochelle et Villeurbanne, une guerre des droites à Colmar, peut-être une victoire de La République en marche à Lons-le-Saunier. 

Tandis qu'à Levallois-Perret, les Balkany, inéligibles, s'inquiètent du sort de leur héritière (34 %), la famille Dassault n'est pas rassurée non plus à Corbeil-Esssonnes : Philippe Bechter, successeur de Serge Dassault, est arrivé deuxième (30 %). 

À Nancy enfin, le maire et président du Parti radical, Laurent Hénart, est sur la sellette, deuxième à 34% derrière le PS. Les édiles d'Amiens (UDI), Périgueux (LR), Aix-en-Provence (LR), Annecy (UDI) sont également menacés. 

La question de l'abstention au centre de ce second tour

Alors, dans ces cinq prochaines semaines, quelles alliances, quelle campagne à distance ? Et quelles nouvelles promesses ? Personne n'ose prendre de pari et tout reste est à écrire dans les cinq semaines qui viennent.  

L'autre question essentielle sera celle de la participation, déjà en très fort recul au premier tour. Maintenu dans un contexte sanitaire très flou à l'époque, il avait été marqué par "un taux d'abstention significatif" de 55 %, soit près de vingt points de plus que les 36,5 % du premier tour des municipales de 2014. Quid du second ? Réponse le 28 juin. 

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