Plébiscité lors de la présidentielle, bénéficiant d'une large majorité à l'assemblée, après 100 jours à l’Elysée, Emmanuel Macron, fait face à un premier bilan en demi-teinte.

Après 100 jours à l'Elysée, un bilan en demi-teinte pour Emmanuel Macron.
Après 100 jours à l'Elysée, un bilan en demi-teinte pour Emmanuel Macron. © AFP / Stéphane Mahé

100 jours, six lois et quelques couacs. En à peine plus de trois mois, Emmanuel Macron a vu sa cote de popularité fondre comme neige au soleil. Les Français ne sont plus que 36 % à être satisfaits des actions du président, selon un sondage IFOP dévoilé vendredi 11 août. François Hollande réunissait encore 46 % d'opinions favorables au même moment de son mandat, voilà cinq ans. Il n’y a donc pas eu d’état de grâce pour celui qui s’opposait à la présidence "normale" de son prédécesseur, mettant en avant le rôle de président "jupitérien", symbole d'autorité suprême protectrice des citoyens se plaçant au-dessus de la mêlée.

Fort des scores obtenus aux élections lui offrant une belle marge de manœuvre, Emmanuel Macron a néanmoins du mal à faire l’unanimité sur l’Olympe. Si son entrée sur la scène internationale a beaucoup fait parler - accord de Paris, rencontres avec Trump et Poutine, G7 et G20, sommet de l’Otan - et lui a offert un certain crédit à l’échelle planétaire, ce sont les mesures prises, ou à venir, sur le plan national qui lui coûtent cher aujourd’hui.

Des "affaires" aux lois, chronique d'une impopularité

La crise militaire intervenue dès juillet a été exposée aux yeux de tous. avec, pour conséquence, la démission du chef d’état-major des armées, le Général Pierre de Villiers, qui avait ouvertement critiqué l’effort d’économie de 850 millions d’euros préconisé par le président de la République. "Si quelque chose oppose le chef d'état-major des armées au président de la République, le chef d'état-major des armées change", avait tranché Emmanuel Macron.

Emmanuel Macron et Pierre de Villiers, lors du défilé du 14 juillet.
Emmanuel Macron et Pierre de Villiers, lors du défilé du 14 juillet. © AFP / Christophe Archambault

Parallèlement, alors que la moralisation de la vie publique des élus était l’un des thèmes forts de sa campagne, des révélations sont venues brouiller l’image du renouveau politique que le président véhiculait. Les affaires Ferrand, Pénicaud, Bayrou et Sarnez notamment, que la loi de moralisation de la vie publique, adoptée le 9 août, n’a pas fait oublier. Une loi d’ailleurs contestée, jugée "très insuffisante" par l’opposition. Ce n’est pas la seule mesure qui a causé du tort à Emmanuel Macron au cours de ce début de mandat. L'examen d'une loi antiterroriste visant à introduire certaines mesures de l'état d'urgence, prolongé jusqu’au 1er novembre, fait grincer des dents du côté des associations de défense des droits de l'homme.

La rentrée, véritable tournant du début de mandat ?

L’avenir inquiète aussi. Les coupes budgétaires dans l'enseignement supérieur irritent chercheurs et professeurs. Les fonctionnaires, eux, se désolent du gel du point d’indice et du retour du jour de carence, tandis que la hausse de la CSG va pénaliser de nombreux retraités. Une augmentation censée être compensée la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Une volonté très mal accueillie du côté des collectivités territoriales, qui bénéficiaient jusqu’alors de cette taxe et qui ont subi l’annulation de 300 millions d’euros de crédits de l’Etat pour 2017. Et du côté des jeunes, la baisse de cinq euros des APL (aides prioritaires au logement) est vécue comme une provocation.

Mais le réel combat social va se mettre en place à la rentrée pour Emmanuel Macron. Dès la fin du mois d’août, le gouvernement présentera aux partenaires sociaux son projet de réforme du code du travail par ordonnances. La majorité devra faire face à une réelle mobilisation. Tout d’abord celle des syndicats, et notamment de la CGT, qui a appelé à manifester le 12 septembre, puis celle de l’opposition, Jean-Luc Mélenchon et la France Insoumise en tête, qui demande de battre le pavé le 23 septembre.

Il reste donc encore beaucoup de chemin au président jupitérien pour gravir l’Olympe et, surtout, rester à son sommet.

Le bilan des trois premiers mois de la nouvelle majorité.
Le bilan des trois premiers mois de la nouvelle majorité. © Visactu / Visactu
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