Près d'une semaine après le début de l'affaire Benalla, le chef de l'Etat a pris la parole devant des ministres et députés mardi soir, disant assumer la responsabilité de l'affaire, évoquant "une trahison" de son ancien collaborateur et s'insurgeant contre "la République des fusibles".

Emmanuel Macron s'est exprimé devant des députés de la majorité mardi
Emmanuel Macron s'est exprimé devant des députés de la majorité mardi © AFP / David Himbert / Hans Lucas

Pour sa première prise de parole dans l'affaire Benalla, près d'une semaine après les premières révélations du journal Le Monde, Emmanuel Macron a choisi une formule forte. Mardi soir, il a déclaré : "S'ils veulent un responsable, il est devant vous, qu'ils viennent le chercher (...) Le seul responsable de cette affaire, c'est moi et moi seul"

Sanction assumée

Après une journée tendue à la fois dans les commissions parlementaires d'enquête et dans l'hémicycle, Emmanuel Macron a profité d'un pot de fin de session parlementaire à la Maison de l'Amérique Latine à Paris, en présence de nombreux députés de la majorité et d'une grande partie du gouvernement, pour prendre la parole. Des déclarations hors caméras mais qui ont rapidement fuité, y compris sous la forme d'enregistrements audio. 

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Extrait de l'enregistrement d'Emmanuel Macron sur l'affaire Benalla

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Pendant une demi-heure, le chef de l'Etat a affirmé qu'il ne voulait pas se défiler : "On ne peut pas être chef par beau temps et se soustraire lorsque le temps est difficile (...) Celui qui a fait confiance à Alexandre Benalla, c'est moi, le Président de la République. Celui qui a été au courant et a validé l'ordre, la sanction de mes subordonnés, c'est moi et personne d'autre". Il estime ainsi que la mise à pied de 15 jours, décidée début mai, était "proportionnée à ce moment-là et je l'assume". 

"République des fusibles"

Selon Emmanuel Macron, personne ne fera les frais de cette affaire : le Président s'est dit "contre la République des fusibles (...) celle où l'on fait trinquer un fonctionnaire ici, un collaborateur là"

"Alexandre Benalla n'a jamais détenu les codes nucléaires, Alexandre Benalla n'a jamais occupé un appartement de 300 m2 à l'Alma, Alexandre Benalla n'a jamais gagné 10 000 euros, Alexandre Benalla lui non plus n'a jamais été mon amant".

Pour l'opposition, cette prise de parole n'est pas suffisante. Chez Les Républicains, qui ont déposé une motion de censure à l'Assemblée, Laurent Wauquiez estime qu'Emmanuel Macron "doit toujours parler aux Français". Au Parti socialiste, le Premier secrétaire Olivier Faure se demande "pourquoi avoir attendu la semaine dernière pour le licencier (...) Le vrai courage c'est de prendre ses responsabilités avant que la presse ne révèle le scandale", a-t-il déclaré sur Twitter

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