Premier meeting à Paris pour le mouvement En Marche ! du ministre de l’Économie Emmanuel Macron. Des intentions, mais pas de déclaration : un pas de plus vers 2017.

Emmanuel Macron à la Mutualité, Paris, le 12 juillet 2016
Emmanuel Macron à la Mutualité, Paris, le 12 juillet 2016 © AFP / PATRICK KOVARIK / AFP

Ce mardi soir à Paris, pour le tout premier meeting de En Marche!, mouvement lancé par Emmanuel Macron en avril dernier, le ministre de l’Économie a voulu jouer la carte de la modernité, avec une discrète scénographie à l’américaine, prompteur et micro-cravate pour arpenter la salle face aux 5.000 personnes inscrites. Pourtant seulement 2.000 supporters d’Emmanuel Macron ont pu trouver place à l’intérieur de la Mutualité, une salle d’ordinaire dévolue aux rassemblements de la gauche et des grands syndicats français. Des membres de Nuit Debout ou des opposants de la loi Travail ont d’ailleurs réservé un accueil un peu musclé aux premiers arrivants : des chefs d'entreprise, des étudiants, des professions libérales et une trentaine de parlementaires.

Cantonnés par un cordon de policiers, les manifestants brandissaient des banderoles aux messages peu équivoques: "Macron étron du capital" ou encore "Contre l'euro du fric et la loi des patrons". "Les bourgeois, les banquiers, c'est par là", a crié un manifestant en montrant l'entrée de La Mutualité. Élodie Forêt était sur place,  et c'est à écouter dans son reportage :

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Élodie Forêt était sur place, et c'est à écouter dans son reportage :

Par Elodie Forêt

Pas d’annonce de candidature, mais un pas vers 2017

Sur le fond, pas d'annonce prononcée par Emmanuel Macron, ni démissionnaire ni candidat, mais qui appelle surtout à une "refondation du pays".

"Je ne veux pas d'une mode qui (...) consisterait à dire du mal du gouvernement ou du président de la République, ce n'est pas ma crémerie!" (Emmanuel Macron)

Il a toutefois exprimé quelques critiques voilées, en parlant d'un pays "usé des promesses non tenues" et usé "de l'entre chien et loup". Macron, qui a poursuivi dans la provocation et dans la transgression, avait sans doute eu vent de la phrase de Manuel Valls prononcée à son égard, trois heures plus tôt, à sa sortie du Sénat : "Il est temps que tout cela s'arrête". Pour le Premier ministre, la coupe est pleine, nous explique le reportage de Frédéric Métézeau :

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Pour le Premier ministre, la coupe est pleine, nous explique le reportage de Fré

Par Frédéric Métézeau

Sans pour autant attaquer François Hollande, qu’ "il ne remerciera jamais assez" de l’avoir nommé ministre, Emmanuel Macron n’a pas épargné la loi travail, les petits arrangements de partis ou la récupération de Michel Rocard . Le ministre de l’Économie veut "changer le pays" et promet un plan de transformation pour la fin de l'année. Pas un "programme" cela fait trop candidat…même si certaines phrases prononcées à la tribune ce mardi soir laissent planer le doute : "ce mouvement, nous le porterons ensemble jusqu'à 2017 et jusqu'à la victoire".

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